Mercredi 1 décembre 2021

Collection - Eglise - Italie

Le trésor oublié de l’église Saint-Louis-des-Français

Par Olivier Tosseri, correspondant à Rome · Le Journal des Arts

Le 5 novembre 2021 - 312 mots

ROME / ITALIE

Rome. Les rares touristes qui ont franchi les portes de l’église Saint-Louis-des-Français à Rome le 25 février dernier ont assisté à une scène peu commune.

Vincenzo Catalani, Prédication de Saint Paul à Athènes (détail), milieu du XIXe siècle, huile sur toile, 664 x 490 cm. © O. Tosseri
Vincenzo Catalani, Prédication de Saint Paul à Athènes (détail), milieu du XIXe siècle, huile sur toile, 664 x 490 cm.
© O. Tosseri

Le déploiement d’une huile sur toile monumentale de 35 m2 mesurant 6,64 m sur 4,90 m. Elle était jusque-là roulée et entreposée dans l’escalier menant à la tribune nord du chœur de l’église, gênant l’accès au comble. Ce qu’on pensait n’être qu’un vulgaire tapis s’est avéré être un tableau peint au mitan du XIXe siècle par Vincenzo Catalani [voir ill.]. C’est ce qu’a pu établir Pierre-Antoine Ferracin, étudiant en histoire de l’art à l’université de Rome-La Sapienza travaillant pour le Service des travaux et bâtiments français en Italie (STBI). Au fil de ses pérégrinations dans les archives entre Rome et Naples, il a pu ébaucher des pistes de recherches sur cette toile négligée pendant plus d’un siècle et demi. L’œuvre, d’une très bonne facture, représente très certainement une prédication de saint Paul à Athènes. Elle avait fait l’admiration du pape Pie IX qui l’avait accrochée un temps dans ses appartements privés.

L’artiste aurait reçu la commande de François II de Bourbon, monarque éphémère du moribond royaume des Deux-Siciles. Un règne d’un an et huit mois s’achevant par l’invasion de ses États par les troupes de Giuseppe Garibaldi déterminées à unifier la péninsule. Le monarque en exil avait trouvé refuge à Rome sous la protection du pape Pie IX et les ors du palais Farnèse qui appartenait à sa famille avant d’être cédé à la France, qui en fera son ambassade au tournant du XXe siècle. En quittant ces lieux, il y aurait laissé une toile qui n’était plus du goût du jour. Des vicissitudes que Pierre-Antoine Ferracin cherchera à préciser en se penchant également sur la biographie méconnue de Vincenzo Catalani. Reste maintenant à lever des fonds pour la restauration du tableau et un lieu pour l’exposer.

Thématiques

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°576 du 29 octobre 2021, avec le titre suivant : Le trésor oublié de l’église Saint-Louis-des-Français

Tous les articles dans Patrimoine

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque