Vendredi 23 février 2018

Aménagement touristique

Le Pont du Gard : abandon

Le conseil général renonce à son \"grand projet\"

Le nouveau président du conseil général du Gard, Alain Journet, a décidé l’abandon du vaste projet d’aménagement touristique du Pont du Gard, lancé par son prédécesseur Gilbert Baumet. Seule la restauration de l’aqueduc romain sera poursuivie. Le conseil général a demandé, en revanche, au préfet l’annulation de la déclaration d’utilité publique adoptée en 1991.

Cet abandon répond aux nombreuses critiques qu’avait déclenchées ce projet dès son lancement en 1987, tant de la part des communes voisines du site que de défenseurs du patrimoine. Séduit par le mirage du tourisme culturel, à une époque où le secrétaire d’État à la Culture, Philippe de Villiers, souhaitait créer un "Versailles-land" avec promenade de Louis XIV dans les jardins, Gilbert Baumet voulait exploiter le gisement culturel du Pont du Gard. Il envisageait non seulement l’implantation des parkings nécessaires, mais des boutiques, un espace muséographique, une salle multivision et des équipements faisant dangereusement dériver le site vers un lunapark gallo-romain.

L’investissement, évalué à 300 millions de francs, provoqua un tollé. M. Baumet minimise alors son projet et obtient en 1989 l’agrément de la commission nationale des sites. Il présente une dernière mouture du projet lors de l’Exposition universelle de Séville, et annonce le début du chantier pour cet automne. Le coût est estimé à 200 millions de francs, un montant à faire frémir un département en crise économique. La nouvelle majorité politique du conseil général n’a pas précisé combien a été dépensé dans les études préliminaires.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°5 du 1 juillet 1994, avec le titre suivant : Le Pont du Gard : abandon

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