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FUTURISME

Le Musée du Novecento de Milan hérite de la Collection Mattioli

Par Olivier Tosseri, correspondant à Rome · Le Journal des Arts

Le 12 octobre 2021 - 688 mots

MILAN / ITALIE

L’une des plus riches collections d’art futuriste est confiée à un musée qui ambitionne d’être le plus important au monde sur les avant-gardes italiennes.

Le Museo Novecento de Milan. © Fred Romero, 2015, CC BY 2.0
Le Museo Novecento de Milan.
Photo Fred Romero, 2015

Italie. Milan confirme son statut de capitale du futurisme. Elle n’est pas uniquement le berceau de cette avant-garde avec les nombreux artistes qui y ont résidé, à commencer par son fondateur Filippo Tommaso Marinetti. L’un de ses symboles est le Musée du Novecento [voir ill.] inauguré il y a tout juste dix ans pour célébrer le centenaire du futurisme. L’édifice, qui offre une vue plongeante sur le Duomo, abrite environ 400 œuvres principalement picturales, sur une surface d’exposition de 5 000 m2. « Nous sommes le plus important musée sur le futurisme au monde », s’est félicitée sa directrice Anna Maria Montaldo qui a la charge de certains des plus grands chefs-d’œuvre de Mario Sironi, Umberto Boccioni ou encore Giacomo Balla. Elle saluait ainsi la prochaine arrivée de vingt-six toiles de la collection Mattioli qui rejoindront un fonds futuriste qui comptera dès lors soixante peintures et sculptures.

Une collection nomade

La collection Mattioli est considérée comme la plus importante au monde sur le futurisme et l’avant-garde italienne du début du XXe siècle. Assurée pour une valeur de 143 millions d’euros, elle rassemble notamment La Planète Mercure passe devant le soleil de Giacomo Balla, Manifestation interventionniste de Carlo Carrà, la Danseuse bleue de Gino Severini (qui rejoindra ainsi la Danseuse blanche déjà exposée au Musée du Novecento), mais aussi des œuvres de Giorgio Morandi ou encore de Amedeo Modigliani, des tableaux choisis par l’homme d’affaires milanais Gianni Mattioli (1903-1977). Ce passionné d’art proche du peintre Fortunato Depero conseilla notamment Fernanda Wittgens, la première femme directrice de la Pinacothèque de Brera. En 1973, l’État qualifie sa collection de « patrimoine indivisible, témoignage irremplaçable de moments capitaux de la peinture italienne ». La fille du collectionneur, l’historienne de l’art, Laura Mattioli cherche alors le lieu le plus adéquat pour l’accueillir. En raison des liens étroits avec Brera et Milan, le Palazzo Citterio avait été privilégié, mais à l’époque il n’est pas en mesure de recevoir le précieux dépôt. Confié de manière temporaire au Musée Peggy Guggenheim de Venise, le public l’y admire de 1997 à 2015. Un véritable tour du monde commence alors avec des haltes de Madrid à New York et jusqu’en Russie. La collection fait actuellement l’objet d’une exposition au Musée russe de Saint-Pétersbourg.

Rassembler les collections d’art moderne

En 2017, la Pinacothèque de Brera annonçait que la collection pourrait faire son entrée au Palazzo Citterio, qui serait consacré à l’art du XXe siècle. Mais les travaux de restauration des lieux ne sont toujours pas achevés. Las d’attendre, Giacomo Rossi, descendant de Gianni Mattioli a décidé de donner une demeure fixe à cette collection itinérante. Dès son retour en Italie au printemps 2022, la collection sera ainsi confiée pour une durée de cinq ans renouvelable au Musée du Novecento. « Ce choix était notamment motivé, a commenté Giacomo Rossi, par la présence de la collection Jucker. Cela enrichira cet important musée d’art moderne indispensable pour la ville de Milan. Il ne manque que la collection Jesi et Vitali pour clore le cercle. » Elle se trouve justement à la Pinacothèque de Brera et attend toujours, elle aussi, que soit finalement inauguré le Palazzo Citterio.

Le maire de Milan, Giuseppe Sala, préfère donner toute son attention au Palazzo dell’Arengario. Ce complexe de deux bâtiments symétriques construits de 1936 à 1956 est le siège du Musée du Novecento qui occupe l’un des deux édifices. En décembre dernier, un concours international a été lancé afin d’« en faire l’un des principaux musées italiens et étrangers », a promis l’édile. Le projet, intitulé « Novecento Più Cento » couvrira un espace de plus de 1 000 m2 dans le second palazzo afin d’exposer plus de cent nouvelles œuvres. Cela permettra de compléter le premier parcours d’exposition et de couvrir l’art contemporain des années 2000.

En attendant, le 30 septembre dernier, la directrice Anna Maria Montaldo a inauguré le nouveau lieu d’exposition terminé pendant la période de confinement. Des changements qui ont plu aux héritiers Mattioli et qui pourraient les inciter à laisser définitivement leur collection au Musée du Novecento.

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°574 du 1 octobre 2021, avec le titre suivant : Le Musée du Novecento de Milan hérite de la Collection Mattioli

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