Le musée au couvent

De la préhistoire au XIXe siècle, Brescia déploie son histoire

Le Journal des Arts

Le 27 août 1999

Après vingt ans de projets et de travaux, le Musée de Brescia déploie aujourd’hui, dans l’ancien monastère de Santa Giulia, une collection de onze mille pièces, depuis la préhistoire jusqu’au XIXe siècle. Rendus possibles par un financement à la fois public et privé, ces travaux seront bientôt complétés par une mise en valeur du site archéologique contigu.

BRESCIA (de notre correspondante) - Commencés en 1979, les travaux de restauration de l’ensemble monumental de Santa Giulia s’achèvent enfin. Abrité dans l’ancien monastère, le musée de la ville, qui voit sa superficie portée à 12 000 m2, vient d’inaugurer quatre nouveaux espaces. Respectivement consacrés à l’ère préhistorique et protohistorique, au territoire de l’empire romain, à l’histoire du lieu et aux arts appliqués, agrémentés des collections privées du XIXe siècle à Brescia, ils viennent s’ajouter aux premières salles ouvertes il y a un an. L’été dernier, deux sections sur l’art romain et vénitien avaient vu le jour, complétées en automne par les collections du haut Moyen Âge et celles des XIe et XVe siècles. Les premières comprennent des œuvres des époques lombarde et carolingienne et se singularisent par la présence sur le site de la basilique San Salvatore – fondée en 753 par Desiderio et sa femme Ansa, elle a récemment bénéficié d’une rénovation. Les secondes concernent la période des communes et des seigneuries.

Le projet n’a réellement démarré qu’en 1989, lorsque le ministère des Biens culturels et la Région lombarde ont contribué au financement. Des fonds privés ont aussi été sollicités, et la Fondation Cab (Credito Agrario Bresciano) s’est engagée aux côtés de la mairie jusqu’en 2004, tant au niveau décisionnel que financier. Aux sept milliards de lires déjà alloués (environ 23 millions de francs), la fondation a récemment ajouté quatre autres milliards, et la Banco di Brescia a rejoint l’opération à titre de sponsor. Destinés notamment à la mise en valeur des zones archéologiques sous-jacentes et contiguës au musée, ces fonds permettront dans un futur proche la restauration de la Maison romaine du Potager – appelée ainsi car les jardins des religieuses s’y trouvaient –, étape suivante de ces travaux. Andrea Emiliani, initiateur du projet au point de vue scientifique et muséographique depuis 1976, se félicite de l’avancée des travaux : “Rendu possible par l’engagement actif de la mairie et aussi par les fonds du ministère des Biens culturels, ce projet a pu être mené à bien. Quant à la Fondation Cab, elle devrait conduire à de meilleures relations avec le public en s’appuyant sur une convention de gestion, dans le plus grand respect de la particularité technique et scientifique propre à la direction du musée. Des expositions seront organisées, des activités didactiques entreprises. Le musée doit devenir un haut lieu de débat pour la ville, et c’est à la ville qu’il doit s’intéresser.”

Monastère Santa Giulia, 4 via Piamarta, Brescia, Italie, tlj sauf lundi, 9h30-19h30.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°87 du 27 août 1999, avec le titre suivant : Le musée au couvent

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