Le Laos mise sur Luang Prabang

Une loi et un comité pour préserver ses temples de la capitale royale

Le Journal des Arts

Le 1 juillet 1996

Après avoir fait appel à la Japan Foundation pour élaborer un plan de modernisation du Musée national à Luang Prabang, le Laos organise la protection des soixante-deux temples de l’ancienne ca­pi­­tale royale, aujourd’hui inscrite sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco.

LUANG PRABANG - Luang Prabang a été inscrite sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco au mois de décembre 1995. Pour appliquer les recommandations du comité du Patrimoine mondial, Khamliène Nhouyvanisvong, le représentant spécial du Laos à l’Unesco en poste à Phnom Penh deviendra, à partir du 1er septembre, le délégué permanent de l’Unesco au Laos. "Il faut que nous formions un comité directeur et qu’une loi soit passée pour la protection des monuments, la restauration et la conservation des édifices. Il y a 62 temples datant du XIVe siècle et 111 maisons, a déclaré le futur délégué. Cette partie de la ville va devenir une zone protégée, il n’y aura pas de constructions nouvelles. Nous souhaitons encourager un écotourisme et un tourisme culturel. Mon ambition est de faire de l’ensemble de ce site un musée vivant".

Coopération internationale
De son côté, le Musée national du Laos, l’ancien palais d’Or à Luang Prabang, vient d’accueillir cinq conservateurs et chercheurs du Musée national d’ethnologie d’Osaka, spécialisés en muséologie. L’équipe du professeur Katsumi Tamura a bénéficié d’une subvention de 20 000 dollars (environ 100 000 francs) de la Japan Foundation, dans le cadre d’un projet de coopération internationale entre les musées des pays d’Asie.

"Nous avons mené une campagne de photographies pendant huit jours et établi un plan pour améliorer les espaces d’expositions, créer des réserves, ainsi qu’un système d’archivage et de gestion, explique Katsumi Tamura. Les photographies nous serviront pour la conservation des objets et pour dresser un inventaire". "Jusqu’à présent, nous n’avions que des documents manuscrits et nos archives n’étaient pas bien organisées", confie en effet le directeur du musée, Kamphong Phommavong, qui a suivi un cycle de cours en administration des musées à Osaka en 1995.

Talons hauts et lacets d’or
Le palais d’Or a été construit sous le protectorat français entre 1904 et 1909. Résidence royale jusqu’à l’abolition de la monarchie et l’arrivée du Pathet Lao au pouvoir en 1975, il a conservé ses fresques murales et ses murs décorés de mosaïques. Toutefois, il reste peu de choses du mobilier français : un lit de style Empire, des chandeliers en cristal, de la porcelaine de Sèvres et… un phonographe. Les vêtements de couronnement du prince héritier et les chaussures à talons hauts et lacets d’or, créés à Nice pour la reine, sont exposés dans la salle du trône, avec des poignards en or incrustés de pierres précieuses, des vitrines remplies de jades, des bouddhas en cristal et en or datant du XVe et du XVIIe siècle, et le fameux Pra Bang, le bouddha d’or le plus révéré du Laos, qui daterait du Ier siècle de notre ère et a donné son nom à la ville.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°27 du 1 juillet 1996, avec le titre suivant : Le Laos mise sur Luang Prabang

Tous les articles dans Patrimoine

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque