Le Jubilé inquiète les Musées du Vatican

Une nécessaire adaptation à un public croissant

Le Journal des Arts

Le 30 janvier 1998

Les Musées du Vatican se préparent à leur manière au grand rendez-vous du Jubilé, en l’an 2000. Pour canaliser le public dans des espaces inadaptés au tourisme de masse, une nouvelle entrée est en cours d’aménagement et une modification des parcours intérieurs actuels est à l’étude.

ROME - À l’occasion du Jubilé de l’an 2000, des millions de visiteurs et de pèlerins sont attendus dans les Musées du Vatican, dont les bâtiments anciens, aux structures fragiles, n’ont pas été conçus pour accueillir ces flots de touristes. Des travaux pour l’ouverture d’une nouvelle entrée, jugée nécessaire, ont déjà été lancés. Ce second accès sera situé en face de l’entrée actuelle, sur la grande place, au flanc de l’un des bastions de la muraille du Vatican. L’ancien accès ne fonctionnera plus que comme sortie, complétant du même coup les parcours intérieurs institués depuis les années soixante. Cet aménagement devrait permettre l’élimination de l’immense file d’attente s’étirant devant la billetterie.

Il s’agit d’un projet complexe, conduit par des architectes et des ingénieurs extérieurs, en collaboration avec la Direction générale des services techniques du Vatican et celle des Musées et Galeries pontificaux. Seront créés quatre niveaux souterrains – un espace sera consacré aux expositions temporaires – qui pourront accueillir tous les visiteurs à l’abri des murailles. Toutefois, cela ne résoudra pas le problème lié à l’affluence même des visiteurs, l’un des plus difficiles à traiter. En effet, les collections sont installées dans la partie palatiale de la Cité du Vatican, dans des espaces conçus à l’origine pour la vie privée ou la vie de cour des pontifes. Depuis un an, a été menée une expérience de gestion du flux touristique qui a donné de bons résultats. À une certaine heure de la matinée, la fermeture de l’accès direct à la Chapelle Sixtine et le détournement du public, par l’escalier de Bramante, vers le secteur du Belvédère, permettaient de décongestionner la zone palatiale, d’en montrer correctement les parties les plus monumentales, et enfin de réorienter le flux des visiteurs, via le Musée Pio Clementino, vers la Galerie supérieure, puis la Chapelle Sixtine. “Ce que nous recherchons, explique le directeur Francesco Buranelli, c’est un équilibre difficile entre la sécurité des œuvres d’art et celle des visiteurs qui les contemplent.” Autre innovation, à partir de cette année, les musées seront ouverts de 8 heures à 17 heures pendant huit mois (de mars à novembre). Grâce à cette extension, le public devrait se répartir dans des tranches horaires plus commodes et moins chargées.

D’autres solutions sont encore à l’étude, mais l’exigence absolue est une régulation adéquate du flux des visiteurs dans des structures historiques dont la capacité n’est pas illimitée. Les stratégies “douces” telles que l’allongement des heures d’ouverture, l’amélioration de la gestion interne des espaces et le choix des tranches horaires sont privilégiées par rapport aux solutions drastiques, comme la réservation obligatoire. Les quatre parcours intérieurs actuels, après trente ans de bons et loyaux services, devront être revus pour répondre aux exigences d’une affluence beaucoup plus massive que dans les années soixante. Les services déjà existants – restauration, librairie, téléphones, poste, change et sanitaires – seront également réadaptés.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°53 du 30 janvier 1998, avec le titre suivant : Le Jubilé inquiète les Musées du Vatican

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