Lille

Le grand chantier

Le Journal des Arts

Le 1 novembre 1994 - 398 mots

Le chantier du Palais des beaux-arts de Lille, mené par les architectes parisiens Ibos et Vitart, entame sa dernière tranche de travaux de rénovation et d’extension, avec une ouverture annoncée pour juin 1996.

LILLE - Commencé en 1992, près de cent ans après la construction du musée, le chantier engloutira quelque 170 millions de francs, mais devrait coûter seulement 7 000 francs par m2, comme tiennent à le souligner ses responsables. Aux 15 000 m2 d’origine (Lille est le plus grand musée édifié avant 1914), seront ajoutés 7 000 m2 afin de déployer de riches collections, les secondes après celles du Louvre, et de créer trois nouveaux départements : une galerie de sculptures du XIXe, un espace dévolu au  Moyen-Âge et à la Renaissance, et des salles pour les fameux plans-reliefs empruntés au Musée des Invalides.

De l’édifice ancien est gardé le "squelette épuré de toutes ses scories afin de redonner à lire le bâtiment existant", observe l’architecte Jean-Marc Ibos. On entre par la grande galerie Nord, côté place, conçue pour être un hall d’accueil, qui sera pourvu aux extrémités de deux lustres colorés de Gaëtano Pesce. Également en accès libre, la vaste cour intérieure, qui tient plus du forum que de l’atrium avec d’herculéennes colonnes. Elle accueillera une boutique et une librairie de la Réunion des musées nationaux. Une salle consacrée aux faïences et une galerie de sculptures XIXe, de Houdon à Bourdelle, bouclent le circuit du rez-de-chaussée.

Arrivé devant la façade sud, le visiteur aura le choix, grâce à deux escaliers d’angle, soit d’accéder aux étages réservés aux peintures, soit de se diriger sous les voûtes de briques où se déploieront les collections médiévales. Un parcours sans cloisonnement, très fluide "où le dialogue entre les objets s’opérera à partir d’une œuvre majeure", indique la conservatrice Marie-Hélène Lavallée. Toujours en sous-sol, mais cette fois-ci sous l’atrium-forum, les quinze plans-reliefs seront exposés dans une pièce carrée avec plafond surbaissé.

Transparence, lisibilité et reconquête des espaces sont les maîtres mots de la rénovation. Quant à l’extension, elle comprendra dans un édifice moderne une bibliothèque, un auditorium et une salle spécifique pour le cabinet des dessins, ainsi qu’une salle d’exposition temporaire sous une grande dalle de verre. Ce "bâtiment effilé et élégant", situé au milieu du jardin, reflétera la façade arrière du Palais des beaux-arts.

Palais des beaux-arts, Place de la République, 59800 Lille, tél. : 20 57 01 84

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°8 du 1 novembre 1994, avec le titre suivant : Le grand chantier

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