Mercredi 21 novembre 2018

Le centre d’art contemporain de Prato se réorganise

Daniel Soutif, son nouveau directeur, entend donner une dimension internationale à l’institution

Le Journal des Arts

Le 24 octobre 2003 - 668 mots

Guidé par l’ambition de son nouveau directeur Daniel Soutif, le Centre pour l’art contemporain Luigi Pecci de Prato est enfin prêt pour sa nouvelle mission. Désormais subdivisé en trois départements et doté de nouvelles salles, le \"Lounge\" et la \"Project Room\", le Centre vise une place de choix auprès des institutions européennes d’art contemporain. L’inauguration des multiples expositions aura lieu le 2 novembre, avec, en tête d’affiche, une rétrospective de l’artiste belge Wim Delvoye.

PRATO - Après quelques mois de fermeture pour restructuration, et l’arrivée d’un nouveau directeur, Daniel Soutif, le Centre pour l’art contemporain Luigi Pecci à Prato rouvrira ses portes au public le 2 novembre, avec six vernissages répartis entre les anciens espaces d’expositions et les nouvelles salles, le “Lounge” et la “Project Room”. Selon un modèle désormais établi au nord des Alpes, Daniel Soutif a poursuivi une réorganisation interne du musée, le divisant en trois départements spécifiques – Expositions, Collections et Culture – dont le programme d’expositions et de recherches est établi pour les trois années à venir. Ayant annoncé dès sa nomination sa volonté de donner au Centre une plus grande visibilité sur le plan international (lire le JdA no 165, 21 février 2003), le directeur souhaite présenter en Toscane les réalités multiples de l’art contemporain, au travers d’expositions d’artistes de réputation mondiale comme issus de la scène émergente. Une nouvelle politique d’acquisition assurera l’enrichissement de la collection permanente, que la réalisation d’un nouvel édifice viendra conforter.

125 repas par jour
“Vers un nouveau centre : idées et réflexions sur le projet d’agrandissement du centre” (jusqu’au 22 février 2004), exposition organisée par Marco Bazzini, responsable du département Culture, illustre les orientations envisagées dans le cadre du concours international d’architecture qui sera lancé le 26 octobre.
La collection permanente, placée sous la responsabilité de Samuel-Fuyumi Namioka, est mise à l’honneur avec “Œuvres historiques”, qui retrace l’historique des expositions du Centre, de sa création à aujourd’hui. Outre l’installation vidéo Survival de Piero Gilardi, acquise grâce à l’Association des amis du Musée Pecci, l’exposition propose une sélection de travaux réalisés par Marco Bagnoli, Alighiero Boetti, Enzo Cucchi, Svetlana Kopystiansky, Jannis Kounellis, Mario Merz, Mimmo Paladino, Giulio Paolini, Michelangelo Pistoletto, Remo Salvadori et Gilberto Zorio (jusqu’au 1er août 2004). Samuel-Fuyumi Namioka hérite également du projet “Artistes toscans”, qui se tiendra tous les trois ans : le premier rendez-vous est dédié au courant “néominimaliste” de la fin des années 1980, avec notamment Antonio Catelani, Daniela De Lorenzo et Carlo Guaita (jusqu’au 7 mars 2004).
Mais le clou de cette réouverture reste la rétrospective de l’œuvre du Belge Wim Delvoye, préparée par Stefano Pezzato et Daniel Soutif en collaboration avec l’artiste (jusqu’au 6 janvier 2004). Une sélection d’œuvres illustre ses recherches sur la transformation des objets quotidiens produits en masse, le mélange des techniques et des styles, et le jeu perpétuel des alliances inédites. Elle s’étend d’une série inédite de collages et de dessins d’enfance aux œuvres “technologiques” récentes : armoiries appliquées à la partie métallique d’une pelle, bonbonnes de gaz recouvertes de porcelaine de Delft, cages de football parées de motifs artistiques religieux ou encore vitraux médiévaux aux motifs de radiographies. La dernière version de Cloaca Turbo est présentée pour la première fois au public ; cette représentation longue de 16 mètres de l’appareil digestif humain, sur laquelle Delvoye travaille depuis des années, est régie grâce à un système informatique des plus sophistiqués ; la “chose” peut engloutir chaque jour jusqu’à 125 repas et produire près de 40 kilogrammes d’excréments.
Les deux nouvelles salles seront inaugurées sous la responsabilité de Stefano Pezzato : dans le Lounge, au rez-de-chaussée, Massimo Bartolini offre une perception de l’espace comme lieu de passage et de révélation (jusqu’au 20 juin 2004). La Project Room accueille quant à elle Letizia Cariello et trois sections de son <<Hallenbad Project>>, qui explore les thèmes de la réflexion sur soi, de l’expérience personnelle et de l’obsession de la répétition (jusqu’au 7 décembre).

CENTRO PER L’ARTE CONTEMPORANEA LUIGI PECCI, Viale della Repubblica 277, Prato, tél. 39 0574 5317, www.centropecci.it

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°179 du 24 octobre 2003, avec le titre suivant : Le centre d’art contemporain de Prato se réorganise

Tous les articles dans Patrimoine

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque