L’Ambrosienne peut enfin dévoiler ses trésors

La rénovation de la bibliothèque-pinacothèque milanaise est terminée

Le Journal des Arts

Le 21 novembre 1997 - 503 mots

Après sept ans de travaux, la Bibliothèque Ambrosienne, fondée par le cardinal Federico Borromeo en 1609, a enfin rouvert. Plusieurs fois annoncé, l’événement avait chaque fois été reporté en raison de la complexité inattendue des travaux. Ses chefs-d’œuvre bénéficient désormais d’espaces d’exposition à leur mesure.

MILAN (de notre correspondante). La bibliothèque est riche de 400 000 volumes imprimés, de 2 100 incunables, de plus de 10 500 manuscrits, lettres et documents, dont les douze volumes du Codex Atlanticus – environ mille feuillets entièrement rédigés de la main de Léonard de Vinci, véritable somme de ses recherches. La pinacothèque, quant à elle, peut s’enorgueillir de plus de 2 000 œuvres, la majeure partie ayant été rassemblée par le cardinal Borromeo lui-même avant de devenir le support didactique de l’académie qu’il a créée.

Le Forum caché
Les travaux de réhabilitation ont permis l’assainissement total du bâtiment ancien et la création de nouveaux espaces, notamment les sous-sols jusqu’alors inutilisés, ainsi que dix salles qui devaient être aménagées lors de la restructuration projetée par Ambrogio Annoni dans les années trente. La décision d’intégrer ces dix salles dans le parcours d’exposition a entraîné des modifications du projet initial, et quelques surprises ont émaillé les travaux : par exemple, en 1991, la découverte d’une vaste portion de pavage du Forum romain a obligé à repenser les sous-sols destinés à accueillir les installations techniques, la salle de conférence, le caveau blindé, les salles de stockage et de service, afin de permettre l’accès au Forum. La nouvelle organisation offre une lecture précise de l’histoire des donations, depuis celle du cardinal Federico Borromeo, en 1618, jusqu’aux acquisitions les plus récentes. Vingt-quatre salles sont ouvertes, près du double de l’agencement précédent. La visite commence avec la présentation des tableaux de la collection de Borromeo, installés suivant les indications fournies par le cardinal lui-même dans son Musaeum de 1625, et se poursuit selon un itinéraire essentiellement chronologique. Deux œuvres en particuier forcent l’admiration : le grand carton de Raphaël, l’École d’Athènes, préparatoire à la fresque du Vatican, et la très célèbre Corbeille de fruits de Caravage, dans la salle consacrée aux maîtres de la fin du XVIe au début du XVIIe, que l’on peut avantageusement comparer à une série de natures mortes flamandes. Dans l’aile Galbiati, dont l’ornementation redondante révèle le goût de l’époque,  prennent place, outre les tableaux, les collections d’objets, de médailles et de portraits en miniature de la collection Sinigaglia. Le parcours conduit ensuite à des témoignages évocateurs de la culture artistique milanaise du XVIIe et à des œuvres des XVIIIe et XIXe siècles. Le Péristyle de Borromeo, d’où l’on jouit d’une large perspective sur le salon de la bibliothèque inititale, se visite uniquement sur demande. Et il faudra encore attendre pour voir exposé, dans la dernière salle de la pinacothèque, ce qui subsiste du Musée Settala du XVIIe siècle, une collection encyclopédique de traités naturalistes, ethnographiques et scientifiques.

Veneranda Biblioteca Ambrosiana, piazza Pio XI 2, Milan, tél. 39 2 80 69 21, tlj sauf samedi-dimanche 9h-17h30. Entrée : 12 000 lires.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°48 du 21 novembre 1997, avec le titre suivant : L’Ambrosienne peut enfin dévoiler ses trésors

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