Vendredi 14 décembre 2018

Antibes

La mue du Musée Picasso

Par Maureen Marozeau · Le Journal des Arts

Le 31 mars 2006 - 642 mots

L’institution, installée dans le château Grimadi, va bénéficier d’une totale remise aux normes. Pendant le chantier, sa collection voyage.

 ANTIBES - Plus qu’une campagne de restauration, le Musée Picasso d’Antibes est à la veille d’une transfiguration majeure. À l’automne 2007 rouvrira le château Grimaldi, après avoir été transformé par Pierre-Antoine Gatier, architecte en chef des Monuments historiques pour les Alpes-Maritimes. Réaménagement et mise aux normes sont au menu de ce projet lancé voici une dizaine d’années par Maurice Fréchuret, alors directeur du musée. C’est son successeur, Jean-Louis Andral, qui en a développé le programme scientifique et culturel validé par la direction des Musées de France (DMF). Le budget total de l’opération s’élevant à 4 millions d’euros, les financements se répartissent entre la Ville d’Antibes, la communauté d’agglomération Antibes-Sophia-Antipolis (CASA), le conseil général des Alpes-Maritimes, la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) et l’État, par le biais de la direction régionale des Affaires culturelles (DRAC).
Outre la vétusté des lieux, le château Grimaldi pèche par son inadaptation à l’accueil du public, notamment des visiteurs handicapés. Ces derniers seront les premiers bénéficiaires des nouveaux circuits muséographiques, qui incluront désormais monte-charges et autres rampes d’accès. Indispensable à la bonne préservation des œuvres exposées, la climatisation fera enfin son apparition. Sans oublier la mise aux normes des équipements sanitaires, et le perfectionnement du système de sécurité. Mais la grande nouveauté réside dans le déménagement, au début du mois de septembre, de tout le service administratif dans un immeuble de la Mairie d’Antibes, situé à deux pas du musée, rue des Cordiers. Les bureaux des premier et deuxième étages disparaissent, ainsi qu’un centre de documentation, une bibliothèque et les réserves, tous délocalisés dans ce même bâtiment, actuellement en cours d’aménagement. Seul le conservateur en chef gardera un bureau d’appoint au sein de l’édifice, qui sera donc entièrement dédié à la présentation des œuvres.

« Joie de vivre »
Ce grand bouleversement ne correspond pourtant qu’à un gain de 130 m2, l’édifice conservant à peu près son ancien parcours. Le rez-de-chaussée continuera de présenter les œuvres de Hans Hartung et Anna-Eva Bergman, entrées par dation de la Fondation du même nom, mais l’espace d’accueil sera largement modernisé, permettant la création d’un vestiaire et le réaménagement de la librairie-boutique. Pour leur part, les sculptures de Germaine Richier, de Joan Miró ou de Bernard Pagès ne quitteront pas la splendide terrasse avec vue sur la mer ; ni L’Assemblage de guitares d’Arman, l’une des quatorze œuvres en dépôt du Fonds national d’art contemporain (FNAC), qui ne délaissera pas son patio extérieur. Les expositions temporaires occuperont tout l’espace du premier étage, tandis que la collection permanente des œuvres de Picasso (dont le noyau originel fut déposé à Antibes en 1946) et quelques tableaux de Nicolas de Staël se déploieront au deuxième étage.
À l’image de musées s’engageant dans de longues périodes de rénovation, tels le Rijksmuseum d’Amsterdam ou la Collection Phillips de Washington – dont les chefs-d’œuvre sont actuellement visibles au Musée du Luxembourg, à Paris –, le musée n’a pas hésité à faire voyager sa collection, et ce pour la première fois. L’année 2006 étant celle du 125e anniversaire de la naissance de l’artiste, le Musée Picasso de Málaga, en Espagne, accueille jusqu’au 17 juin les « Picasso d’Antibes ». Une vingtaine de photographies prises à l’époque par l’artiste polonais Michel Sjamewski dit Sima viennent compléter une sélection de plus de 70 tableaux, dessins, céramiques et sculptures de l’artiste natif de Málaga, dont la Joie de vivre (1946) est la pièce la plus emblématique. Le Musée Picasso de Barcelone ne sera pas en reste, avec une deuxième étape prévue du 4 juillet au 15 octobre, présentant cette fois 84 œuvres. Le Palazzo Grassi de Venise et le Graphikmuseum Pablo Picasso de Münster, en Allemagne, devraient compléter le circuit européen, avant le retour de la collection au musée pour une réouverture à l’automne 2007.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°234 du 31 mars 2006, avec le titre suivant : La mue du Musée Picasso

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