Mardi 18 décembre 2018

La Galleria d’Arte Moderna de Bologne affiche ses ambitions

Le nouveau directeur, Danilo Eccher, aspire à un rayonnement international

Le Journal des Arts

Le 1 février 1996 - 650 mots

Danilo Eccher vient d’être nommé directeur de la Galleria Communale d’Arte Moderna de Bologne. Il quitte la Galleria Civica d’Arte Contemporanea de Trente, dont il a assuré la direction pendant huit ans (depuis son ouverture, en 1988), pour revenir dans la cité émilienne où il a étudié et obtenu un diplôme de philosophie en 1978. Dans cet entretien, il dévoile ses projets en ce qui concerne l’avenir de la Galleria, en insistant sur la vocation internationale qu’il souhaite lui imprimer et son désir de voir le musée bolonais rejoindre le futur \"pôle pour les arts visuels\" qui sera installé dans l’ancienne manufacture de tabac.

Quels sont vos projets pour la Galleria d’Arte Moderna ?
Danilo Eccher : Avant tout, créer une structure de niveau international, en prenant en compte deux paramètres : la rigueur scientifique (qualité des expositions, du programme, etc.) et l’amélioration des services offerts aux visiteurs. Le public des musées d’art contemporain n’est pas exclusivement local, mais international. C’est un public habitué à fréquenter les musées, et donc accoutumé à un certain niveau de confort que, pour être tout à fait franc, peu de musées italiens sont en mesure d’offrir.

Soit nous jouons cette carte, et nous participons au développement d’un réseau de musées d’art contemporain qui permette à l’Italie de jouer un rôle dans le paysage artistique international, soit nous risquons, comme c’est déjà le cas sur le plan social, économique et politique, d’être de plus en plus marginalisés. Je tiens à souligner que lorsque je parle de musée d’envergure internationale, je n’oublie pas que l’un des objectifs fondamentaux de toute institution est d’abord d’être solidement ancrée dans sa région. En effet, c’est en s’appuyant sur le public local que notre musée pourra s’élever à un niveau international et se tourner vers l’extérieur.

Concrètement, que comptez-vous faire ?
Le premier objectif est, comme je l’ai déjà dit, d’affirmer la vocation internationale du musée ; le second est d’enrichir et de mettre en valeur les collections permanentes ; le troisième, auquel je tiens beaucoup, est de consolider les liens avec la ville et la région. D’où la nécessité de répondre aux attentes spécifiques du public – en créant des relations appropriées avec les artistes, les galeries et les collectionneurs –, et d’être un trait d’union avec des institutions culturelles et économiques telles que la Foire de Bologne, l’Université ou l’Académie des beaux-arts , avec lesquelles nous devrons engager le dialogue.

Ces objectifs exigent un effort financier considérable, au moment même où les crédits de la Culture sont en baisse. Pensez-vous que Bologne puisse offrir dans ce domaine un exemple à contre-courant ?
Le nouveau statut d’"établissement public" de la Galleria d’Arte Moderna de Bologne, avec tout ce qu’il implique en matière d’autonomie, devrait en l’espèce être d’un grand secours. Mis à part l’aspect économique, sur le plan politique et social, Bologne est depuis longtemps un exemple pour l’Italie. Sur le plan culturel, avec son université, elle est la vitrine des deux ou trois métropoles culturelles italiennes et brigue le titre de capitale européenne de la culture pour l’an 2000. Pour toutes ces raisons, je ne crois pas que la ville puisse se permettre de ne pas investir dans l’un de ses propres musées.

Que pensez-vous de l’éventualité du transfert du musée dans l’ancienne manufacture de tabac, destinée à abriter le futur "pôle culturel des arts visuels" ?
Pour des raisons techniques, ce projet nécessitera beaucoup de temps avant d’aboutir. À nous de le mettre à profit pour créer un musée avec une structure, une personnalité telles que ce "pôle des arts visuels" ne puisse exister sans nous. Car si l’on veut vraiment créer un grand pôle culturel à Bologne, celui-ci ne saurait avoir de sens sans l’une de ses composantes majeures. Les années qui nous séparent du réaménagement définitif de ce lieu nous permettront, je l’espère, d’arriver au rendez-vous avec une force de proposition incontournable pour négocier l’espace qui nous sera octroyé.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°22 du 1 février 1996, avec le titre suivant : La Galleria d’Arte Moderna de Bologne affiche ses ambitions

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