Effervescence madrilène

Les musées de la ville saisis par la fièvre du développement

Le Journal des Arts

Le 13 décembre 2007

Le Musée du Prado mais aussi de nombreuses institutions de la capitale espagnole, tels le Centre d’art Reina-Sofìa ou la Fondation Thyssen-Bornemisza, ont lancé des projets d’agrandissement. Le paysage muséal de Madrid pourrait prochainement s’en voir transfiguré.

MADRID - Le projet d’agrandissement du Musée du Prado, dessiné par l’architecte Rafael Moneo (lire le JdA n° 163, 24 janvier 2003), étant adopté, le “cube”, situé à côté du Chiostro de los Jerónimos, permettra bientôt d’ajouter 17 000 m2 aux surfaces d’exposition actuelle. Ces travaux dans le plus emblématique des musées de la capitale espagnole ne sont pourtant pas isolés, tant les institutions madrilènes semblent être saisies d’une fièvre de développement. Ainsi, l’Académie royale des beaux-arts (Real Academia de Bellas Artes) de San Fernando vient d’inaugurer vingt-deux nouvelles salles. L’accrochage permanent, “Un règne sous le signe de la paix : Fernando VI et Barbara di Braganza”, commémore les deux cent cinquante années de l’institution. L’architecte José de Churriguera a signé le projet d’agrandissement du musée, situé dans le palais de Goyeneches, datant du XVIIIe siècle, avec un budget de 4 millions d’euros. Au même moment, la Casa-Museo Sorolla, construite en 1911, renaît après un an de rénovation. Le public a retrouvé le bâtiment et son jardin, réalisés par Joaquín Sorolla y Bastida (1863-1923), mais surtout plus de 250 œuvres – soit un cinquième du fonds du musée –, exposées dans des espaces nouvellement aménagés. La restauration a coûté environ un million d’euros.
Inspirés par ces réussites, les projets foisonnent. À l’occasion de son dixième anniversaire, la Fondation Thyssen-Bornemisza va s’agrandir. Son siège avait déjà bénéficié d’une restructuration selon les plans de Rafael Moneo, à l’origine du projet d’extension du Musée du Prado. Les architectes Manuel Baquero et Francesc Plà, lauréats d’un concours international, vont s’efforcer de créer une harmonie avec l’urbanisme environnant en conservant les façades des bâtiments acquis pour l’agrandissement de l’institution. L’ensemble architectural formera un “L”, qui prolongera la façade du palais de Villahermosa, encadrera le jardin d’accès et abritera aussi des bureaux. Les salles du rez-de-chaussée, accessibles par le vestibule principal, seront consacrées aux expositions temporaires. Les étages supérieurs accueilleront une sélection de la collection d’art privée de Carmen “Tita” Thyssen-Bornemisza, la dernière épouse du baron Thyssen. Début 2004, la surface du musée aura doublée grâce à ces 8 000 m2 supplémentaires, qui coûteront 15 millions d’euros.
Le Centre d’art Reina-Sofía fait lui aussi peau neuve. Le 24 janvier a débuté la construction de trois nouveaux bâtiments, d’une surface totale de près de 27 000 m2, qui accueilleront respectivement les salles d’expositions temporaires, la bibliothèque et l’auditorium. Le siège actuel pourra ainsi être entièrement réservé à la collection permanente. Jean Nouvel, l’architecte, emploiera essentiellement le granit, le métal et le cristal ; l’ensemble s’articulera autour d’une large entrée habillée d’un semblant de miroir en acier inoxydable – haut de 18 m, large de 12 –, dans lequel se reflètera l’ancien bâtiment de Sabatini. Les travaux, estimés à plus de 68 millions d’euros, devraient s’achever en mars 2004.
Le Musée archéologique national a récemment annoncé son projet de réorganisation totale de sa surface actuelle. La restructuration et l’agrandissement de 6 600 m2 seront supervisés par l’architecte Juan Pablo Rodríguez Frade. Plusieurs phases seront nécessaires afin de maintenir le musée ouvert au public. Le budget s’élève à 60 millions d’euros sur une durée de sept ans.
Enfin, un “Musée des collections royales” (Museo de las Colecciones Reales) devrait voir le jour place de l’Almudena, devant les jardins du Campo del Moro. Si les recours déposés n’entraînent pas des modifications du projet élaboré par les architectes Emilio Tuñón et Luis Moreno Mansilla, le Patrimoine national devrait y consacrer un budget important au cours des années à venir.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°165 du 21 février 2003, avec le titre suivant : Effervescence madrilène

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