Mardi 18 décembre 2018

Ecce Piero

Barabbas tournerait le dos au Christ

Par Le Journal des Arts · Le Journal des Arts

Le 1 octobre 1995 - 299 mots

Bien connu des historiens de l’art, la Flagellation du Christ, de Piero della Francesca, fait l’objet d’une nouvelle interprétation.

URBINO - Exposé à la Galleria Nationale delle Marche d’Urbino, le panneau de la Flagellation du Christ illustre à la perfection ce que l’on a coutume d’appeler "l’énigme de Piero". Parmi les nombreuses interrogations que soulève cette œuvre, la plus difficile à résoudre tient sans doute à l’identification des trois personnages du premier plan, apparemment indifférents à la scène de la flagellation qui se déroule à l’arrière-plan.

La libération de Barabbas ?
La première thèse, dont il est fait mention dans un inventaire de 1744, reconnaît dans ces hommes Oddan­tonio, Federigo et Guido­baldo de Montefeltro, tandis que le personnage barbu, assis au fond à gauche, serait l’empereur byzantin Jean VIII Paléologue. On a pensé aussi que le panneau, peint entre 1445 et 1475, se rattachait à la prise de Constan­tinople et que les trois hommes étaient des ambassadeurs turcs.

Partant du constat que dans trois des quatre évangiles – Mathieu, Marc et Jean –, la flagellation est immédiatement précédée par la remise de Barabbas aux juifs, Charles Hope et Paul Taylor, du Warburg Institute à Londres, proposent une nouvelle théorie qui a le mérite de la simplicité.
 
Ainsi, l’homme de gauche, vêtu à la manière byzantine, serait un Romain. Il transmettrait les instructions de Ponce Pilate et placerait le criminel, pieds nus et vêtu d’une simple tunique, au centre, sous la responsabilité de l’homme de droite. Celui-ci, portant un vêtement rebrodé d’or, serait le représentant des juifs. Il est vrai que, sous la Renaissance, les prisonniers étaient très souvent figurés avec les pieds nus. Cette théorie a en outre le mérite de justifier la disparité des tenues des trois hom­mes et leur apparente indifférence au châtiment que subit le Christ.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°18 du 1 octobre 1995, avec le titre suivant : Ecce Piero

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