Vendredi 20 septembre 2019

Amsterdam

Deux maisons de poupées au Rijksmuseum

Par Le Journal des Arts · Le Journal des Arts

Le 1 juillet 1994 - 330 mots

Après deux ans de restauration, deux maisons de poupée du XVIIe siècle ont retrouvé leur place dans les salles du Rijksmuseum.

AMSTERDAM - À l’époque, ces maisons, loin de servir de jouets aux enfants, étaient destinées aux dames de familles riches.
La plus ancienne des maisons du Rijksmuseum appartenait à Petronella Dunois qui l’emporta avec elle à Leyde, en 1677. Ces premières maisons miniatures apportent un ensemble unique de renseignements sur les intérieurs et les habitudes domestiques de ce temps. La plupart des objets qui s’y trouvent sont, en effet, des copies exactes d’objets qui ne sont pas parvenus jusqu’à nous : planches à repasser, balais, paniers à tourbe et, ici, un lit d’enfant entièrement équipé.

Un peu plus tardive, la maison de Petronella Oortman, véritable œuvre d’art avec ses marqueteries en écaille et ses incrustations d’étain gravé, était déjà renommée en son temps. Au XVIIIe siècle, Jacob Appel en fit un tableau qui constitue aujourd’hui une source d’informations très précises pour les restaurateurs et les historiens.

Colle d’origine animale
Tous les départements de conservation du Rijksmuseum ont participé à l’entreprise. La maison de Petronella Oortman a demandé les soins les plus importants. La colle d’origine animale s’étant oxydée, l’étain avait été repoussé hors du bois. Il avait parfois disparu, de même que des fragments d’écaille qu’il a fallu remplacer. Les deux portes, en très mauvais état, entreposées depuis des années au musée, ont été entièrement refaites. Outre les boiseries et les parois carrelées, chaque pièce était décorée de plafonds peints qui ont été nettoyés, de même que les tapisseries. Toutes les garnitures ont été retirées, afin de remettre en état les panneaux fendus des murs en bois.

Les restaurateurs ont réparé tous les objets en céramique, argent, verre et marbre, nettoyé les vêtements portés par les poupées, les tissus d’ameublement et le linge contenu dans les armoires, et rendu à sa splendeur la merveilleuse bibliothèque de la maison de Petronella Oortman, avec ses livres miniatures ornés de fragments de gravures.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°5 du 1 juillet 1994, avec le titre suivant : Deux maisons de poupées au Rijksmuseum

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