Dimanche 17 novembre 2019

Ouverture de la conférence triennale de l’ICOM à Rio de Janeiro

lejournaldesarts.fr

Le 12 août 2013 - 519 mots

RIO DE JANEIRO (BRESIL) [12.08.13] - Jusqu’au 17 août, le Conseil International des Musées organise sa Conférence Générale à Rio de Janeiro, au Brésil. Avec l’ambition de porter une vision rénovée de la muséologie mondiale.

Ils sont environ 2000 professionnels de toutes les disciplines, venus de 100 pays, à participer à la 23ème Conférence Générale de l’ICOM, cette semaine à Rio de Janeiro. Le Conseil International des Musées (ICOM) se réunit tous les trois ans dans une ville différente afin d’élire un nouveau président, renouveler son comité exécutif et partager les innovations répertoriées dans les musées du monde entier.

Côté exécutif, inutile d’essayer, on n’en saura pas plus. Après la crise de gouvernance du mois de juin, l’ICOM est à Rio pour parler de muséologie et profiter de la richesse brésilienne en la matière. En plus de 60 ans, c’est seulement la seconde fois que le continent sud-américain accueille la conférence générale (après Buenos Aires, en 1986). Trois ans après Shanghai, ce qui pourrait apparaître comme une rotation géographique automatique, est revendiqué par tous comme un événement significatif, relié au thème choisi en 2013 et qui tient dans une équation : « Musée (mémoire créativité) = progrès social ».

Et pour cause : le premier musée cité par le président de l’ICOM Hans Martin Hinz est le Musée de la Favela (MUF), à Cantagalo (petite favela qui surplombe les riches quartiers de Copacabana et Ipanema), qui a pour particularité d’inclure les maisons et leurs habitants dans son « musée à ciel ouvert ». Carlos Roberto Brandão, qui préside le comité d’organisation à Rio, choisit le « musée de la Maré », où dans la gigantesque favela de la zone nord de Rio, on expose notamment les traces de la violence quotidienne subie par les habitants.

Derrière l’apparente démagogie du propos, il y a une réalité sur laquelle ces deux candidats à la présidence partagent un point de vue identique : « les trois quarts des membres sont européens, et n’ont pas ou peu besoin des ressources de l’ICOM. Mais ils peuvent apprendre beaucoup des nouvelles formes de muséologie inventées au Brésil », indique Hinz. Brandão confirme dans un style plus local: « Trop blanc, trop vieux, trop européen, l’ICOM doit se décentraliser d’urgence pour redevenir utile ».

Le programme des conférences donné au sein de la Cité des Arts construite par Christian de Portzamparc est à l’unisson : Ulpiano Bezerra de Menezes, historien et muséologue brésilien, précèdera Jorge Melguizo, penseur colombien connu pour avoir transformé la ville de Medellin en encourageant une politique culturelle ambitieuse. Mia Couto, écrivain mozambicain, aura l’honneur de conclure la semaine des plénières. Seul Jorge Wagensberg, physicien espagnol, représentera l’Europe à la tribune des penseurs. « Lui est européen, mais il ne pense pas comme les autres, donc venez quand-même », ironise devant les journalistes Maria Ignez Mantovani Franco, présidente du comité brésilien de l’ICOM.

Alors que les mouvements sociaux qui agitent le Brésil n’ont pas cessé, témoin l’occupation cette semaine du conseil culturel municipal de Rio, les institutionnels brésiliens semblent décidés à montrer à leurs homologues un visage muséal en phase avec sa société.

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Photo de l’auditorium de la conférence de l’ICOM © DR

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