Ventes publiques

Un truculent « philosophe géomètre » de Ribera adjugé 1,8 M€ à Paris

Par LeJournaldesArts.fr (avec AFP) · lejournaldesarts.fr

Le 17 juin 2020 - 300 mots

PARIS

Un portrait truculent d'un homme de la rue exécuté par le peintre espagnol José de Ribera (1591-1652), alors influencé par Caravage, s'est envolé mardi au prix de 1 800 000 (frais compris) dans une vente aux enchères de la maison Daguerre.

José de Ribera (1591-1652), détail d'Un philosophe : l'heureux géomètre, huile sur toile, 100 x 75 cm. © Daguerre
José de Ribera (1591-1652), détail d'Un philosophe : l'heureux géomètre, huile sur toile, 100 x 75 cm.
© Daguerre

Le tableau Un philosophe : l'heureux géomètre avait été retrouvé en Bretagne (ouest de la France) et expertisé par le cabinet d'art ancien d'Eric Turquin. Une galerie suédoise a remporté l'enchère à 1 400 000 (1 800 000 avec les frais). Le tableau était estimé 200 000 / 300 000 euros. Il a donc fait sept fois son estimation basse.

Ribera n'avait qu'une vingtaine d'années lorsqu'il peignit autour de 1610 cette oeuvre. L'artiste, surtout réputé pour ses nombreux portraits plus tardifs, vivait alors à Rome et n'était pas encore connu comme le grand peintre de Naples.

Cette nouvelle découverte du cabinet Turquin était intervenue après celles du Judith et Holopherne de Caravage et du Christ moqué de Cimabue.

José de Ribera (1591-1652), Un philosophe : l'heureux géomètre, huile sur toile, 100 x 75 cm. © Daguerre
José de Ribera (1591-1652), Un philosophe : l'heureux géomètre, huile sur toile, 100 x 75 cm.
© Daguerre

En figurant un philosophe-géomètre aux habits déchirés, « Ribera dit que l'intelligence n'est pas liée à l'apparence. Loin des représentations stéréotypées des grands penseurs de l'Antiquité, avec leur barbe blanche et leur noble apparence, l'artiste préfère représenter un vieil homme ridé, vêtu de guenilles », avait souligné à l'AFP Stéphane Pinta, expert au cabinet Turquin, qui a identifié cette peinture. Il avait expliqué avoir reconnu l'authenticité de la toile aux jeux subtils de gris et blanc et à l'utilisation de gros empâtements et d'une brosse très dure.

Ce personnage, avec ses oreilles décollées, ses rides, son teint tanné par le soleil était un modèle professionnel que les peintres faisaient poser, et le jeune Ribera l'a représenté sur six autres tableaux. « Tous ces Caravagesques parlent beaucoup à notre génération formée par le cinéma, tellement habituée aux éclairages artificiels, à la violence des projecteurs », avait analysé M. Pinta.

Cet article a été publié par l'AFP le 16 juin 2020.

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