Dimanche 8 décembre 2019

Bilan - Galerie

TOP 10 des galeries prescriptrices

Par Stéphane Renault · Le Journal des Arts

Le 30 avril 2018 - 1356 mots

Ces enseignes incarnent le renouveau des galeries parisiennes où découvrir la jeune création française et internationale. Ouvertes sur le monde, elles reflètent le dynamisme de la scène hexagonale.

Marcelle Alix
Délaissant les stratégies d’écuries, la galerie fondée en 2009 par Isabelle Alfonsi et Cecilia Becanovic construit son programme comme on choisit sa famille d’amis. Les galeristes tissent dans le long terme un réseau d’influence intellectuel et affectif qui leur permet de dialoguer avec institutions et grands rendez-vous internationaux. Marie Voignier était invitée l’an dernier à la Biennale de Venise et Marie Cool et Fabio Balducci à documenta 14. La galerie, qui participe à la Foire internationale d’art contemporain depuis longtemps, présentait un solo de Liz Magor à Art Basel en 2017, alors qu’à l’automne Charlotte Moth était nommée au prix Marcel Duchamp et Lola Gonzàlez au prix Ricard. Cette famille transgenre interroge les questions queer ou postcoloniales tout en gardant à cœur la possibilité d’inventer de nouveaux récits.

Cédric Aurelle

Galerie Allen
Inaugurée en 2013 avec une exposition de Maurice Blaussyld, l’enseigne réunit deux Australiens : un commissaire indépendant, Joseph Allen Shea et une artiste, Mel O’Callaghan, dont on a pu voir le travail à Paris au Palais de Tokyo. La jeune enseigne a collaboré avec de nombreuses institutions en France comme à l’étranger et prêté des œuvres au MoMA à New York et au Walker Art Center (Minneapolis). Elle participe à la Foire internationale d’art contemporain depuis 2015 et à Art Brussels, ARCO, Artissima, Art-o-rama ou encore Loop. Maxime Rossi a été exposé au Musée régional d’art contemporain Languedoc-Roussillon à Sérignan. En 2019, Angelica Mesiti sera l’artiste invitée du pavillon australien de la 58e Biennale de Venise et Laëtitia Badaut Haussmann exposée à la Beeler Gallery Ohio (Etats-Unis).

Stéphane Renault

Anne-Sarah Bénichou
Après un master d’histoire de l’art à La Sorbonne et un cursus en management culturel à l’École supérieure de commerce de Paris, la jeune galeriste a fait ses premières armes chez Natalie Seroussi. Avant de se lancer en 2016 en ouvrant dans le Marais avec une exposition de Florin Stefan. En deux ans, elle a organisé neuf expositions personnelles et trois expositions collectives, édité des catalogues et publié un livre d’artiste avec Chourouk Hriech, Melik Ohanian et Nicolas Bourriaud. Parmi ses expositions les plus marquantes : Valérie Mréjen et Massinissa Selmani (prix SAM exposé au Palais de Tokyo). Elle a participé à Drawing Now, Artissima, Art Genève, Galeristes et est membre du Conseil de direction du Comité professionnel des galeries d’art et de la direction du Paris Gallery Week-end dont elle cogère l’organisation.

Stéphane Renault

CrèveCœur
Axel Dibie et Alix Dionot-Morani se sont rencontrés à Sciences Po avant de créer la galerie en 2009. L’année suivante, première participation à la Foire internationale d’art contemporain et à Zona Maco, avec un solo de Jorge Pedro Nunez, montré à Art Basel Miami en 2013. En 2014, leurs artistes Florian & Michael Quistrebert sont nommés pour le prix Marcel Duchamp. En 2015, la galerie participe à Liste à Bâle. C’est aussi la création de Paris Internationale avec Antoine Levi, Sultana, Gregor Staiger et High Art. En 2017, un espace a été ouvert à Marseille avec une exposition collective et Louise Sartor présentée dans l’exposition « Voyage d’hiver » du Palais de Tokyo au château de Versailles. En 2018, un autre artiste de son écurie, Renaud Jerez, est présenté au Musée des Abattoirs, à Toulouse.

Stéphane Renault

Freedman Fitzpatrick
Après avoir dirigé la galerie Tanya Leighton à Berlin, Robbie Fitzpatrick s’installe en Californie en 2012. Alors que Los Angeles devient un lieu de prédilection, il s’associe à Alex Freedman pour ouvrir la galerie la plus en vogue de la cité des anges. Signe des temps, ce faiseur de tendance du monde de l’art qui avait monté la foire ultra-branchée Paramount Ranch à Los Angeles, jette à présent son dévolu sur Paris. Dans un projet à deux têtes dont il gère la partie parisienne, il ouvre l’hiver dernier au 8, rue Saint-Bon avec le New-Yorkais Matthew Lutz-Kinoy qui a actuellement un solo show au Consortium de Dijon. À côté de stars telles qu’Amelie von Wulffen ou Shimabuku, il travaille avec de jeunes artistes comme Stefan Tcherepnin qui a un solo show au Stedelijk Museum d’Amsterdam ou encore Lucie Stahl à Fri Art.

Cédric Aurelle

Antoine Levi
Antoine Levi fonde sa galerie à Belleville en 2011 avec Nerina Ciaccia, après avoir fait ses classes chez Juana de Aizpuru à Madrid et Franco Noero à Turin. Longtemps impliqué dans le comité de la foire marseillaise Art-O-Rama, il est un des cofondateurs de Paris Internationale. De retour de Rome, le plus italien des Français à Paris ramène avec lui des artistes de sa génération peu familiers de la scène française et construit un univers qui trouve une résonance avant tout à l’étranger. On a pu par exemple découvrir l’œuvre de Francesco Gennari qui a récemment rejoint la très influente Esther Schipper (Berlin) ou dernièrement le jeune peintre américain Louis Fratino. Ce dernier a bénéficié d’une revue de presse internationale qui pourrait faire des envieux parmi les plus gros poids lourds Parisiens.

Cédric Aurelle

High art
En 2013, l’aventure de la rencontre entre Jason Hwang, cofondateur de l’artist-run space parisien Shanaynay et Philippe Joppin, ancien collaborateur d’Emmanuel Perrotin, produit une alchimie internationale unique sur la scène parisienne. En passant du petit atelier d’artisan près de Belleville à l’hôtel particulier haussmannien du 9e arrondissement au printemps dernier, High Art poursuit sa route en marge d’une logique de regroupements dans laquelle se déploient nombre de galeries. Le duo travaille notamment depuis ses débuts avec un des enfants chéris de la génération post-Internet, Max Hooper Schneider. Ils viennent d’ouvrir un solo de Mélanie Matranga, leur première artiste française. Membres cofondateurs de Paris Internationale, ils sont des habitués de Frieze Londres, Liste, Art Basel Hong Kong et Miami Beach.

Cédric Aurelle

Mor Charpentier
Fondée en 2010 par Alex Mor et Philippe Charpentier, diplômés de Sciences Po, la galerie soutient des artistes réunis par un engagement social ou politique, avec des thèmes dominants autour de la mémoire, de l’histoire, des tensions géopolitiques. Basée dans le Marais, elle présente depuis ses débuts une majorité d’artistes latino-américains et représente essentiellement des artistes internationaux. Elle organise depuis 2013 des expositions hors les murs à Bogota (Colombie). Membre des comités de sélection de ARCO, The Armory Show & ArtBO, Mor Charpentier participe à une dizaine de foires par an (Art Basel, Frieze, Fiac, Armory Show, ARCO, Bogota, Buenos Aires…). Elle montrera cette année Lawrence Abu Hamdan, Saâdane Afif et Carlos Motta.

Stéphane Renault

Galerie Joseph Tang
Mutation du projet conceptuel Institute of Social Hypocrisy en galerie réelle, la Galerie Joseph Tang cultive le trouble. Le jeune galeriste qui enrôle dans son équipe l’artiste homonyme Jo-Ey Tang se plaît à l’ambiguïté qu’il cultive dans un projet expérimental qui est, avant tout, un espace commercial. Il agrège une communauté d’artistes attachés aux principes fictionnels pour déconstruire le système de l’art. Julie Béna participe ainsi à la prochaine Biennale de Rennes, Daiga Grantina occupe le Païpe du Palais de Tokyo jusqu’à la fin de l’année ou encore Pepo Salazar bénéficie d’un solo showà La Haye cet été. Quant au galeriste, il participe à Frieze New York, Liste Basel et Paris Internationale, tout en improvisant une série d’événements en direct au mois d’avril à revoir sur son site internet.

Cédric Aurelle

Sultana
Après un passage à la Collection Lambert en Avignon, Guillaume Sultana a ouvert sa galerie à Paris en 2010 dans le Marais avant de déménager en 2014 à Belleville. Le programme de la galerie a pour ambition « de faire émerger des artistes singuliers sur un marché devenu à la fois global, international et très resserré ». Il a notamment exposé Pia Camil (2013), Celia Hempton (2015), Paul Maheke et Jesse Darling en 2017. Sa participation à Frieze New York en 2014 lui a donné une visibilité internationale. Ses artistes sont achetés et exposés par d’importants musées. Dès le début, Sultana a souhaité inviter ou collaborer avec des galeries internationales, Instituto de Vision en 2013 ou Proyectos Ultravioleta en 2014. En 2018, la galerie participe à Material Mexico, Liste à Bâle, Frieze London, Paris Internationale.

Stéphane Renault

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°500 du 27 avril 2018, avec le titre suivant : TOP 10 des galeries prescriptrices

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