Second Empire

Succès pour la collection Forbes

Par Marie Potard · Le Journal des Arts

Le 16 mars 2016 - 552 mots

La vente des objets réunis par le collectionneur américain fera
désormais référence sur le marché des souvenirs napoléoniens.

FONTAINEBLEAU - La maison de ventes Osenat (Fontainebleau) a dispersé avec succès les 5 et 6 mars (la 3e et dernière vacation aura lieu le 9 avril) la collection Napoléon III de l’Américain Christopher Forbes. La vente a dépassé largement son estimation haute fixée à 1,5 million d’euros en totalisant 2,7 millions d’euros frais compris. Aucun prix de réserve n’avait été fixé.

« Nous avons remporté deux paris. Le premier est financier. Christopher Forbes a vu ses efforts récompensés en faisant venir sa collection en France pour l’y disperser. Le second pari réussi concerne Napoléon III. Le marché n’était pas confiant et pensait que seul Napoléon Ier se vendait. La vente démontre le contraire ! », a commenté Jean-Pierre Osenat, commissaire-priseur. En effet, 99 % des lots (sur 638) ont été acquis, et ce par des amateurs venus de tous les pays : Grande-Bretagne, Chine, Russie et même Australie, ainsi que, pour 50 % au moins d’entre eux, des États-Unis. Le nom de Christopher Forbes y est pour beaucoup. « Cela a frappé les esprits qu’un Américain aussi connu que lui rapatrie ses objets des États-Unis pour venir les vendre à Fontainebleau. » Le fait que ces pièces étaient collectionnées depuis cinquante ans et qu’il s’en trouvait pour la première fois en abondance sur le marché a aussi joué. Enfin, le phénomène de collection est toujours porteur.

Préemptions multiples par les musées français
« Entre les achats, les revendications et les préemptions, environ un quart de la vente va repartir dans les musées », a souligné Jean-Pierre Osenat. Plus d’une quarantaine de lots ont été préemptés par les musées français, du château de Malmaison au Musée de Sedan en passant par le Musée de la marine ou le Musée d’Orsay, lequel a emporté le Portrait du prince impérial en pied en petit uniforme de cadet de l’école de Woolwich, par Henry Campotosto, pour 27 100 euros (dans l’estimation). Le château de Compiègne a non seulement usé de son droit de préemption mais il a également acheté une aquarelle de Franz Xaver Winterhalter, Portrait de l’impératrice Eugénie, juillet 1855, pour 44 715 euros (est. 4 000 à 6 000 €). Revendiqués par la France comme appartenant au domaine public, une quinzaine de lots, des lettres pour l’essentiel, avaient été retirés de la vente cinq jours auparavant. Christopher Forbes a pourtant décidé de les lui offrir.

Parmi les adjudications les plus hautes figure la paire de portraits en pied de l’empereur Napoléon III et l’impératrice Eugénie, d’après Winterhalter, vendue 96 205 euros (est. 60 000 à 80 000 €). Mais aussi L’Impératrice Eugénie entourée de ses dames d’honneur, toujours d’après Winterhalter, adjugée 161 400 euros (est. 50 000 à 60 000 €), ou un dessin d’Edgar Degas représentant Napoléon III et ses maréchaux cédé 73 170 euros (est. 25 000 à 30 000 €).

« Ces prix établissent désormais une “cote Napoléon III”. Si demain, un collectionneur me présente un tableau de Winterhalter ou une mèche de cheveux, il est certain qu’il va se référer à la “vente Forbes”. Les prix peuvent être multipliés par deux », a expliqué Jean-Pierre Osenat.

Toutes les estimations sont indiquées hors frais acheteur tandis que les résultats sont indiqués frais compris.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°453 du 18 mars 2016, avec le titre suivant : Succès pour la collection Forbes

Tous les articles dans Marché

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque