St-Art vise la place de leader en régions

Par Aurélie Romanacce · L'ŒIL

Le 13 décembre 2016 - 735 mots

Difficile de rivaliser avec Paris quand on est une foire d’art contemporain en province. Pourtant, un autre marché existe en dehors de la capitale. St-Art, à Strasbourg, qui a entamé un nouveau départ, vise la première place sur ce secteur.

Pour sa 21e édition, St-Art poursuit sa mue entamée depuis deux ans, grâce à l’arrivée d’une nouvelle équipe. Aux côtés de Philippe Meder, directeur de St-Art depuis sa création en 1996, Jean-Eudes Rabut, président du directoire de Strasbourg événements, et Patricia Houg, directrice artistique de la foire, ont su insuffler une nouvelle dynamique en attirant plus de 25 000 visiteurs. Outre l’invitation faite à de grandes institutions culturelles de présenter une partie de leurs collections pendant la foire (la Maison européenne de la photographie en 2015 et la Fondation Maeght en 2016), cette nouvelle impulsion se traduit par une sélection plus fine des galeries. Pour cent galeries acceptées cette année, cinquante ont été refusées. Un effort que St-Art entend bien poursuivre en 2017. « Patricia Houg, avec son énergie, sélectionne davantage les galeries que les comités de marchands qui décidaient entre eux », concède Philippe Meder. D’autant que cette ancienne galeriste de Lyon, créatrice de la foire Docks Art Fair à Lyon, connaît bien les difficultés rencontrées par les marchands d’art résidant en province. « Il faut casser l’image que tout se passe à Paris. On peut faire de véritables découvertes dans cette foire », explique Patricia Houg. « D’ailleurs j’avais demandé qu’on ne précise pas le nom des villes sur les stands mais qu’on inscrive simplement le pays, mais ils n’ont pas voulu », s’amuse-t-elle.

Renforcer la visibilité des galeries en régions

Car, avec 60 % de galeries nationales (dont 20 % strasbourgeoises) et 40 % internationales, St-Art fait non seulement la part belle aux régions, mais s’ouvre également à l’Europe. Pas moins de huit pays sont représentés cette année, dont une majeure partie de galeries espagnoles, italiennes, mais aussi belges avec le retour, notamment, de Guy Pieters, marchand d’art prestigieux. Paradoxalement, malgré leur proximité géographique avec Strasbourg, les galeries allemandes et suisses sont peu nombreuses. Un constat que regrette Philippe Meder : « C’est très difficile de faire venir les galeries allemandes, car elles ont déjà leurs propres foires d’art contemporain qui marchent très bien, à Cologne et à Karlsruhe », souligne-t-il. « Un collectionneur allemand préfèrera toujours acheter dans une galerie de son pays que chez un marchand étranger », poursuit-il. Néanmoins, la diversité des villes représentées, de Marseille à Strasbourg, en passant par Lyon, offre aux visiteurs l’occasion de faire le tour de France des galeries et même des Drom –Art Factory a fait le déplacement de La Réunion – en une seule journée ! Et il y en a pour tous les goûts : street art, peinture, photographie, artistes historiques, multiples, etc. St-Art compte sept sections différentes pour augmenter sa lisibilité.

Des découvertes à des prix accessibles

Toutefois, reconnaît Olivier Kaeppelin, directeur de la Fondation Maeght, la véritable richesse de St-Art se situe d’abord dans « la découverte d’artistes méconnus à des prix abordables ». La série de tableaux de Florence Dussuyer, Les Endormies, en fait partie (Galerie Au-delà des apparences). Les toiles marquent durablement l’esprit du visiteur par la langueur de jeunes femmes assoupies qui semblent se fondre dans les méandres et les plis bariolés des couvertures (compter 9 000 euros pour un moyen format et 45 000 euros pour un triptyque de 6 x 2 m). Pour les amateurs de carnets de voyage, l’œuvre splendide de Thomas Henriot (Galerie Christophe Tailleur) dépeint à l’encre de Chine les rues et façades de La Havane en s’inspirant des lieux fréquentés par l’écrivain cubain Reinaldo Arenas avant son exil aux États-Unis. Les dessins réalisés d’après motif, à même le sol (entre 4 000 et 8 000 euros), témoignent de la vision engagée et poétique de l’artiste et de sa virtuosité. Quand on sait que Thomas Henriot participera à la prochaine édition des foires DDessin et Art Paris, le prix de ses œuvres risque bientôt de s’envoler. Dans un tout autre style, St-Art donne aussi l’occasion de faire l’acquisition d’œuvres traditionnelles aborigènes (Galerie Arts d’Australie) à des prix imbattables (à partir de  350 euros), dont un dessin d’Alick Tipoti, artiste invité en 2016 à réaliser une immense fresque sur le parvis du Musée océanographie de Monaco lors de l’exposition « TABA NABA : Australie, Océanie, arts des peuples de la mer ». 

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°697 du 1 janvier 2017, avec le titre suivant : St-Art vise la place de leader en régions

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