Lundi 17 décembre 2018

Sud

Polad-Hardouin prend un nouveau cap

Par Stéphane Renault · Le Journal des Arts

Le 31 janvier 2017 - 488 mots

Dominique Polad-Hardouin ferme sa galerie parisienne pour se consacrer à la collection de sa mère, Cérès Franco, tout en poursuivant son activité marchande.

PARIS - Après quinze ans d’existence, une page se tourne pour la galerie Polad-Hardouin. Concluant en beauté en décembre dernier avec une exposition anniversaire qui a rassemblé les œuvres d’une trentaine d’artistes, la galeriste a quitté ses murs parisiens pour se consacrer à la donation en cours auprès de l’agglomération de Carcassonne de la collection de sa mère, exposée aujourd’hui à Montolieu, labellisé Village du livre, dans l’Aude.

Après le refus du nouveau maire de Carcassonne d’accueillir la collection au Musée des beaux-arts de la ville, un collectionneur mécène a offert d’abriter la collection dans une ancienne coopérative vinicole, transformée en centre d’art. La Coopérative-Collection Cérès Franco a été inaugurée en juillet 2015. Rénové, le bâtiment sera donné à la collectivité pour devenir l’écrin d’un ensemble exceptionnel d’art naïf, brut et expressionniste, en tout environ 1 200 pièces sur les 1 500 que comporte la collection rassemblée sur un demi-siècle par la galeriste, collectionneuse et mécène brésilienne. Un projet d’ampleur, auquel sa fille souhaitait se consacrer pleinement. « Il faut viabiliser le site, monter une équipe, créer des réserves, des conditions muséales. Nous allons faire en sorte que l’agglomération de Carcassonne organise les conditions d’accueil de la collection. Derrière, il y aura un acte de donation des œuvres si les conditions sont requises. Je suis dans l’accompagnement. On espère que fin 2018, la collection complète, actuellement à Lagrasse, puisse être accueillie dans cet espace. »

Une galerie hors les murs
Pour autant, Dominique Polad-Hardouin entend continuer son activité hors les murs et sera présente sur les salons. « Nous allons monter le projet en puissance, mais je ne vais pas arrêter de travailler, notamment avec les artistes parisiens. Je ne prévois pas de déménager, plutôt de faire des allers-retours. »

Plusieurs expositions sont d’ores et déjà programmées à la Coopérative-Collection Cérès Franco. Le 29 avril ouvrira « L’internationale des visionnaires », dont le commissariat a été confié à Jean-Hubert Martin. Sur le principe de « Carambolages » au Grand Palais, des œuvres de la collection seront confrontées à des pièces empruntées à celle de Daniel Cordier, dont la grande majorité est en dépôt aux Abattoirs, à Toulouse. En 2018, Françoise Monnin, directrice d’Artension, orchestrera un projet intitulé « La paix des étoiles », inspiré d’œuvres traitant du cosmos. Objets liés à l’espace et soucoupes volantes au programme. Un choix qui n’est pas totalement dû au hasard. Airbus n’est pas loin. « Notre idée est à la fois de présenter la collection de ma mère, mais aussi de mettre en place un maillage local avec les partenaires qui existent. Progressivement, on va s’installer dans le paysage. Nous organiserons aussi des conférences, par exemple cet été avec Hervé Di Rosa, directeur du Miam à Sète, qui viendra en voisin et ami. Nous allons faire dialoguer différentes expériences. »

En marge

Jusqu’au 19 mars, Galerie In Situ/Fabienne Leclerc, 14, boulevard de la Chapelle, 75018 Paris, 01 53 79 06 12, www.insituparis.fr

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°472 du 3 février 2017, avec le titre suivant : Polad-Hardouin prend un nouveau cap

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