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Photo Basel passe le premier tour

Par Christine Coste · Le Journal des Arts

Le 1 juillet 2015 - 577 mots

La première édition de la foire de photo qui s’est tenue en parallèle d’Art Basel
manque encore de participations prestigieuses, mais réussit l’examen de passage.

BALE - Pas un seul organisateur de foires de photographie, de Paris Photo et Photo London à l’Aipad (New York) ou Unseen (Amsterdam) qui ne se soit déplacé à la première édition (du 17 au 20 juin) de « Photo Basel », lancée en parallèle d’Art Basel par deux créateurs inconnus du milieu. Sven Eisenhut vient de l’école hôtelière de Lausanne et Samuel Riggenbach travaille dans l’événementiel. Leur projet : doter la Suisse de sa première foire photo.

Le tour des seize galeries et de la poignée d’éditeurs rassemblés dans la charmante bâtisse du 19-21 rue St.-Johanns-Vorstadt donnait la tonalité. Photo Basel est une jeune pousse dans la lignée d’Unseen, mais sans l’appui financier et organisationnel d’une institution comme Foam, créateur et organisateur de la foire amstellodamoise. Sans l’aval de la direction d’Art Basel, Sven Eisenhut reconnaît « qu’ils n’auraient rien lancé ». Et le jeune homme de souligner « le soutien précieux apporté par [la galeriste parisienne] Esther Woerdehoff » à leur projet, tant durant la foire qu’en amont, pour constituer son parterre d’enseignes, même si celui-ci est moitié moindre qu’escompté.
Pourtant, pour sa première édition, Photo Basel n’a pas à rougir de ses propositions. Le focus sur des jeunes talents âgés de moins de 40 ans, son positionnement, a donné de belles propositions tels les solos show d’Inka and Niclas chez Grundermark Nilsson (Berlin, Stockholm) ou d’Ayana V. Jackson chez Baudouin Lebon (Paris). Tout aussi intéressantes furent les mises en regard chez Stieglitz 19 (Anvers) entre les nus du Chinois Ren Hang et ceux de Lara Gasparotto, ou, chez Kahmann Gallery (Amsterdam), entre les renards méfiants de la série « Fashion Victims » de Jeroen Hofman et les vues d’une mer sereine par Katrien Vermeire.

Jusqu’à la veille de la fermeture, s’est posée toutefois la question du déplacement d’Art Basel à Photo Basel des collectionneurs et autres acteurs du milieu de l’art. Si les visites des curateurs, responsables d’institution ou de département photo se sont réparties sur la durée du salon, les ventes ou prises sérieuses de contact se sont concentrées les deux derniers jours. Ce qui a permis en général aux enseignes de rembourser leurs stands de 12 m2 à 6 000 francs suisses (5 758 euros), et parfois de gagner largement plus, pour certaines comme Grundemark Nilsson ou Stieglitz 19. « Je reviendrai certainement », estime le directeur de cette dernière, Dries Roelens. D’autres comme Dorothée Nilsson ne veulent rien décider pour l’instant. « Nous ferons Unseen, Paris Photo et probablement Art Miami. Nous participerons en avril 2016 à l’Aipad. Le reste n’est pas encore planifié. »

Photo Basel a des atouts. Son nom, son adresse à dix minutes à peine d’Art Basel en voiture ou en tram et son créneau : des galeries qui prennent des risques avec des jeunes talents aux épreuves de qualité proposées entre 500 et 12 000 euros, bien loin des choix d’un Howard Greenberg (New York) ou d’un Thomas Zander (Cologne) à Art Basel. La non-conformité de certaines galeries à la ligne éditoriale établie par Photo Basel a toutefois agacé celles qui s’y étaient tenues. Demeure aussi la nécessité de convaincre les grandes galeries photo helvétiques telle celle de Christophe Guye de s’incrire l’an prochain. Ces dernières ont brillé par leur absence, alors qu’à Photo London elles étaient venues en grand nombre.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°439 du 3 juillet 2015, avec le titre suivant : Photo Basel passe le premier tour

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