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Paris Photo, dix stands incontournables à visiter

Par Christine Coste · Le Journal des Arts

Le 10 novembre 2022 - 1002 mots

PARIS

Sans ignorer la photo plasticienne et contemporaine, ces marchands de toutes nationalités sont réputés pour leurs vintages.

Le stand de la galerie Peter Fetterman à la 25e édition de Paris Photo © Photo Ludovic Sanejouand, 9 novembre 2022
Le stand de la galerie Peter Fetterman à la 25e édition de Paris Photo, 9 novembre 2022.
© Photo Ludovic Sanejouand

Contrairement à ce que l’essor du numérique a pu laisser penser, la photographie analogique a de beaux jours devant elle. L’intérêt porté aux pionniers de la photographie ou à la période de l’entre-deux-guerres se heurte à la rareté des pièces disponibles sur le marché. Les vintages des décennies 1950-1980, à l’historique et qualité du tirage assurés, sont confrontés à la même situation. À Paris Photo, les galeries spécialistes en la matière, bien connues des musées, fondations ou collectionneurs pour leurs stocks particulièrement bien dotés en pièces exceptionnelles, sont peu nombreuses. En voici dix d’entre elles.

Stephen Daiter (Chicago)

Spécialiste de l’école de design de Chicago, du Bauhaus, de la Photo League et d’André Kertész, la galerie propose pour son retour à Paris Photo, un rare tirage ancien de la place Gambetta de Kertész (51 000 €) et le très beau portrait de Chloe Finch par Peter Hujar, photo qu’il a utilisée pour la couverture de son livre A Retrospective. Autres pièces rares : les vintages de Lynne Cohen, dont on pourra voir le travail dans un duo show avec Marina Gadonneix, au Centre Pompidou. Prix entre 6 000 et 15 300 euros.

Hans P. Kraus Jr. Inc (New York)

La photographie du XIXe et du début du XXe siècle qu’il promeut fait sa renommée. Parmi les pièces rares de cette période peu représentée à Paris Photo : le château de Chambord photographié en 1843 par William Henry Fox Talbot. Elle compte parmi les premières photographies du château et certainement la première sur papier (280 600 €). Autre pièce majeure : La Vague brisée, mer Méditerranée de Gustave Le Gray de 1857 (459 000 €). Cyanotypes d’Anna Atkins ou de Bertha E. Jaques et photographies de Charles Nègre ou de Calvert Richard Jones sont aussi mis en vente.

William Henry Fox Talbot, Le Château de Chambord, 1843, impression sur papier salé à partir d'un négatif en calotype, 16 x 20 cm, courtesy Hans P. Kraus Jr. Inc., New York.
William Henry Fox Talbot (1800-1877 ), Le Château de Chambord, 1843, impression sur papier salé à partir d'un négatif en calotype, 16 x 20 cm.
Courtesy Galerie Hans P. Kraus Jr. Inc., New York.
Fraenkel (San Francisco)

Fraenkel est avec Thomas Zander [lire ci-après] la plus importante galerie du marché. Son stand est un florilège des plus grands noms de la photographie américaine de Diane Arbus, Robert Adams, Lee Friedlander à Peter Hujar, Richard Misrah et Christian Marclay. Sont aussi exposées des œuvres récentes de Katy Grannan, Adam Fuss et Alec Soth. Prix à partir de 4 500 euros.

Michael Hoppen (Londres)

Grands noms de la photographie moderne ou contemporaine se côtoient sans crainte du mélange des genres. Pour la première fois, Krass Clement accepte d’exposer les vintages de son livre Drum (2012), regroupement de photographies réalisées dans un pub irlandais. Autre rareté : le portrait d’André Breton par Paul Facchetti (1953) et le collage de Kiyohiko Komura (1950) et, au rang des vintages, ceux de Boris Savelev et de Boris Mikhaïlov pour la scène ukrainienne. Prix entre 2 000 et 200 000 euros.

Les Douches (Paris)

Parmi les trois axes qui ont prévalu aux choix, celui des visions surréalistes met en lumière Roger Catherineau, Philippe Halsman et Willy Kessels. Pour le thème de l’eau, et en résonance avec l’exposition « Jean Painlevé, les pieds dans l’eau » au Jeu de paume, se détachent L’Hippocampe (6 000 €) ou La Pince de homard (10 000 €) mise en dialogue avec Variation avec coquelicot, de la série des « Algues » de 2015 de Paul Pouvreau (4 500 €, voir ill.). Il faut compter 135 000 euros pour Parade, Hoboken, New Jersey 1955, issue des « Américains » de Robert Frank, tirée par Sid Kaplan dans les années 1970.

Gilles Peyroulet & Cie (Paris)

Peu de photographies sur le stand mais que des pièces exceptionnelles de l’entre-deux-guerres. Parmi la douzaine de clichés exposés, cinq grands tirages rarissimes dont Le Pont transbordeur de László Moholy-Nagy, un objet mathématique de Man Ray et un des trois tirages existants de La Nébuleuse de Raoul Ubac. Les deux autres font partie des collections du MoMA et du Musée national d’art moderne – Centre Pompidou. Prix à partir de 100 000 euros.

Françoise Paviot (Paris)

Avec Hans P. Kraus Jr. Inc, la galerie est la seule référencée à Paris Photo pour ses œuvres du XIXe siècle : Les Arbres dans la montagne de Jean-Baptiste Camille Corot, plaque de verre recouverte d’encre d’imprimerie, au dessin tracé à la pointe, ou les pièces de Charles Nègre, Louis Darget et Georges Demenÿ. Parmi les vintages du XXe siècle tout aussi exceptionnels, on trouve le Nu de Brassaï et ceux de Man Ray, Dora Maar, André Kertész, Carlo Mollino et Raymond Hains, avec pour la partie contemporaine, le Glacier d’Alestsch de Jürgen Nefzger (2006). Prix à partir de 2 500 euros.

Rolf Art (Buenos Aires)

Dès sa première participation à Paris Photo, la galerie a marqué les esprits par ses choix de photographes sud-américains qui dénoncent les dictatures qui ont sévi ou sévissent encore sur le continent. Le solo show qu’elle consacre à Adriana Lestido brosse un portrait en creux de la célèbre artiste argentine. Avec, entre autres, le portrait d’une petite fille dans les bras de sa mère lors d’un rassemblement des « Mères de la Place de Mai », en 1982, image fondatrice de tout son travail. Prix entre 10 000 et 25 500 euros.

Stevenson (Le Cap, Johannesburg et Amsterdam)

Elle représente toute la fine fleur de la scène photographique sud-africaine historique et contemporaine. L’interrogation du corps en tant qu’outil métaphorique préside au choix des vintages de David Goldblatt (30 000 €), des collages de Viviane Sassen (entre 9 000 et 24 000 €), des portraits de Pieter Hugo (de 5 000 à 8 000 €) et des travaux de Mame-Diarra Niang et de Zanele Muholi (entre 17 000 et 24 000 €).

Thomas Zander (Cologne)

La sélection de la galerie met en avant des portfolios de style documentaire ou conceptuel qu’elle a édités en collaboration avec les artistes de la galerie tel « Time - NYC #1 + #2 » de Peter Downsbrough ou « Silver + Chrome » de Mitch Epstein. Avec en exclusivité, le jeu complet de la série emblématique de Judith Joy Ross, « Eurana Park », objet cette année d’une rétrospective au Bal. Prix : 250 000 euros.

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°598 du 4 novembre 2022, avec le titre suivant : Dix stands incontournables à visiter

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