Samedi 7 décembre 2019

Miami Beach : Étape obligée

Par Frédéric Bonnet · Le Journal des Arts

Le 13 décembre 2011 - 335 mots

MIAMI - Art Basel Miami Beach célèbre cette année sa dixième édition. Devenue immédiatement incontournable, la foire, outre qu’elle a sérieusement taillé des croupières à l’Armory Show new-yorkaise, est parvenue à modifier habilement les équilibres du commerce sur le continent.

Elle a installé Miami comme un point de jonction entre Amérique du Nord, Europe et Amérique latine. Cette dernière est toujours bien représentée sur le salon tant par les galeries que par la clientèle.
Si nombre de salons fantaisistes ont disparu avec la crise, ceux qui subsistent n’en sont pas plus convaincants et le « off » demeure encore trop opulent. Hors Design Miami et sa spécialité, le plus intéressant reste NADA Art Fair, qui a toutefois perdu en qualité depuis son déménagement au Deauville Beach Resort en 2009. De médiocres enseignes américaines y étaient encore en surnombre quand les galeries européennes se partageaient la portion congrue, sans pourtant démériter, à l’image de Jonathan Viner (Londres), Sorry we’re closed (Bruxelles), ou NON (Istanbul).

Handforth et Ochoa
Du côté des institutions, le Museum of Contemporary Art de North Miami mettait cette année à l’honneur Mark Handforth dans un accrochage à la fois réjouissant et légèrement mélancolique, tandis que le Bass Museum of Art a confié ses salles à Erwin Wurm. Quant au centre d’art Locust Projects, il a laissé Ruben Ochoa mettre son espace sens dessus dessous avec une formidable intervention.

Une fois de plus, les collectionneurs privés ont sorti leur artillerie. Très fine chez Cifo (Cisneros Fontanals Art Foundation), où « Frames and Documents, Conceptualist Practices » fait dialoguer l’art conceptuel des Amériques, du Nord et du Sud, ou chez Rosa et Carlos de la Cruz, qui proposent un accrochage subtil centré sur la peinture, elle est lourde à la Rubell Family Collection. Le partenariat conclu avec la maison Lanvin y est choquant, quand, au lieu d’aider musées ou centres d’art en difficulté, il donne aux plus riches et se paye en prime le luxe d’installer un corner de vêtements : le tout dégouline de vulgarité.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°359 du 16 décembre 2011, avec le titre suivant : Miami Beach : Étape obligée

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