Jeudi 13 décembre 2018

Antiquaires

Maurice Segoura descend à l’Hôtel de Clermont-Tonnerre

Le Journal des Arts

Le 1 septembre 1994 - 478 mots

Après vingt-six ans dans le faubourg Saint-Honoré, le célèbre antiquaire parisien déménage vers un nouveau et prestigieux local.

PARIS - Maurice Segoura, 62 ans, l’un des cinq membres du groupe des "Antiquaires à Paris", va déménager sa galerie du faubourg Saint-Honoré à l’Hôtel de Clermont-Tonnerre, au 14, place François Ier. Il prévoit d’ouvrir la nouvelle galerie, où il travaillera avec ses deux fils, Pierre, 36 ans et Marc, 34, après la Biennale des antiquaires, sans doute vers le 1er décembre.
 
Construit en 1880 dans un style "néo-Renaissance", l’Hôtel de Clermont-Tonnerre avait été, depuis 1978 et jusqu’à la fin de l’année dernière, le quartier général du couturier Pierre Cardin. Ironie du sort, Maurice Segoura avait essayé, en vain, en 1978, d’acheter le bail de la maison de la place François Ier. L’année dernière, l’affaire ne s’est guère révélée plus facile puisque Pierre Cardin, selon Maurice Segoura, a beaucoup hésité à laisser un endroit qui lui était devenu particulièrement cher.
L’hôtel particulier possède tout le prestige nécessaire pour mettre en valeur le mobilier et les objets d’art français du XVIIIe siècle qui sont la spécialité des Segoura.

"Une fortune !"
Abritée derrière une grille et une épaisse haie, l’entrée de la maison se fait par un escalier à deux volants, qui convergent vers un petit perron. Le premier salon, rectangulaire, est entièrement orné de boiseries et de moulures style Louis XIV. Un salon ovale, tout aussi luxueusement décoré, se trouve à chaque extrémité de ce salon avec, à l’arrière, une pièce qui servira de bureau et une longue salle, moins richement décorée, dans laquelle Maurice Segoura compte exposer des tableaux. Du côté droit du salon d’entrée, donnant sur la rue Jean Goujon, se trouve une suite de trois pièces, qui serviront à montrer et à emmagasiner des objets d’art : en tout, la nouvelle galerie Segoura comptera 520 mètres carrés d’espace au rez-de-chaussée et 200 mètres en sous-sol.

Cet été, quarante ouvriers et décorateurs, sous la direction de l’architecte François-Joseph Graf, ont achevé d’importants travaux de restauration, Maurice Segoura ayant entrepris de refaire le chauffage, l’électricité et les parquets dans toute la maison, avant de faire repeindre et redorer les boiseries et plafonds moulurés.

Maurice Segoura avait repris l’ancienne galerie de la célèbre marchande Yvonne de Brémond d’Ars au 20, faubourg Saint-Honoré, en 1968, après avoir travaillé pendant huit ans au 88, boulevard de Courcelles, et "chiné" pendant les quinze années précédentes.

Combien lui coûte ce dernier déménagement ? "Une fortune ! Mais regardez ces locaux – la hauteur de plafond, les boiseries, tout cela constitue un décor approprié pour les meubles, les objets et les tableaux que je vends. J’ai une clientèle qui me suit – je vends à mes abonnés, comme j’aime le dire – et je ne vends que des grandes pièces, jamais de petits objets à une clientèle de passage", nous a confié Maurice Segoura.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°6 du 1 septembre 1994, avec le titre suivant : Maurice Segoura descend à l’Hôtel de Clermont-Tonnerre

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