Mercredi 21 février 2018

Londres affirme son rôle sur le marché international

De la céramique aux textiles, cinq grandes foires internationales s’y tiennent en juin

Le Journal des Arts

Le 5 décembre 2008

Londres draine à elle seule, ce mois-ci, cinq grandes foires internationales d’antiquités, dont trois se tiennent pour la première fois à l’Olympia Exhibition Centre. Une façon pour la capitale britannique d’affirmer son rôle de grande place mondiale du marché de l’art, au moment où surgissent des risques de relocalisation de l’activité au profit de New York.

LONDRES (de notre correspondante) - Jamais une ville n’aura accueilli en même temps autant de manifestations internationales d’antiquités d’une telle qualité. Face aux menaces de taxation sur les ventes et les importations d’œuvres d’art et d’antiquités qui pèsent sur le marché de l’art britannique, et aux risques de déplacement des ventes vers New York, les marchands londoniens ont décidé de travailler la main dans la main et de promouvoir leur propre entreprise, mais aussi l’image de Londres en tant que haut lieu du marché mondial des antiquités.

Alors que Sotheby’s et Christie’s accaparent les manchettes des journaux, une enquête menée l’an passé par la British Art Market Federation a révélé que le marché de l’art britannique faisait vivre 10 000 entreprises employant au total  40 000 personnes. Autre surprise révélée par l’enquête : le chiffre d’affaires du marché de l’art au Royaume-Uni – 2,2 milliards de livres en 1996 (environ 22 milliards de francs) – est assuré à parts égales (50/50)par les marchands et les maisons de vente. Les foires, qui ac­cueillent ce mois-ci 700 marchands venus du monde entier, présentent un ensemble d’œuvres dont le prix total approche les 500 millions de livres (5 milliards de francs), une confirmation du pouvoir des marchands et de l’importance de la place londonienne.

Grosvenor House Art & Antique Fair
Grosvenor House, du 11 au 20 juin, est la plus grande (87 exposants) et la plus prestigieuse des cinq manifestations, même si elle n’a pas l’envergure de la Biennale de Paris ou de la foire de Maastricht. Bien que n’ayant jamais vraiment intéressé les marchands étrangers, elle reste très appréciée des Britanniques de renom, tels Asprey, Richard Green, Spink, Mallet, S.J. Phillips et les Pelham Galleries. La foire essaiera cette année d’élargir la section consacrée aux œuvres du XXe siècle en accueillant pour la première fois les Waddington Galleries, l’un des marchand anglais les plus prestigieux d’art contemporain. Sa réputation demeure néanmoins étroitement associée aux meubles et objets d’art anciens, comme en témoignent ce cabinet en citronnier blond surmonté d’une pendule proposé par Norman Adams, ou cette adorable petite bibliothèque en noyer (époque  Reine Anne) exposée chez Apter Frederick. Chez Noortman et Johnny Van Haeften, seront également présentés des tableaux de  maîtres anciens hollandais. L’art français et anglais des XIXe et XXe siècles sera à l’honneur sur les stands de Richard Green, Stop­pen­bach & Delestre et Duncan Miller. Il faudra aussi compter avec la présence des plus grands spécialistes de la peinture naïve et des émaux anglais.

L’Olympia Fine Art and Antiques Fair
Excellente foire de moyenne gamme réunissant 410 exposants, l’Olympia Fine Art and Antiques Fair offre, jusqu’au 14 juin, un vaste choix de mobilier anglais, en particulier de mobilier rustique, et d’objets anciens, mais aussi de tableaux, d’estampes et d’aquarelles. La manifestation attire également certains petits marchands spécialisés dans des domaines tels que la bijouterie, l’horlogerie, les céramiques et les tissus anciens, qui réservent toujours de bonnes surprises. Cette foire est très prisée de quelques grands marchands londoniens importants qui se félicitent des retombées commerciales qu’elle induit, parfois plus intéressantes que celles de Grosvenor House. L’Olympia permet aux chineurs de découvrir les articles proposés par les marchands provinciaux les plus renommés sans avoir à courir tout le pays. Elle bénéficie, en outre, cette année d’un nouvel atout, puisque viendront y exposer quelques-uns des grands marchands européens de mobilier.

The Antiquarian Book Fair
Organisée par l’Antiquarian Booksellers Association, cette foire, qui se tient jusqu’au 7 juin, est la plus importante (147 exposants) et la plus ancienne manifestation européenne spécialisée dans les livres anciens. Les grands marchands du moment, comme Bernard Shapero et les frères Maggs, y exposeront de beaux livres illustrés et de très rares manuscrits enluminés. D’autres marchands spécialisés proposeront des ouvrages pour enfants, des premières éditions de littérature moderne, de livres de gastronomie, de voyages ou d’histoire naturelle. Parmi les éditions originales rares présentées chez Blackwell’s Rare Books, figure Le Chien des Baskerville, d’Arthur Conan Doyle.

Hali International Antique Carpet and Textile Fair
Première manifestation au monde entièrement consacrée aux textiles, cette foire a été organisée par Centaur Exhibitions, qui est l’une des branches de la société éditant le magazine spécialisé Hali. Elle se tiendra du 11 au 15 juin. Ce salon, qui se veut de très haute qualité, et accueillera 42 exposants venus du monde entier, parmi lesquels les prestigieux marchands londoniens Michael Francis et Johnny Eskenazi. Trois marchands français de premier plan y participeront : Yves Mikaeloff, Myrna Myers et la galerie Achdjian, tous spécialisés dans les tapis caucasiens et anatoliens anciens. Les deux marchands italiens leaders dans leur pays, Alberto Levi et Alberto Boralevi, ainsi que le Suédois J.P. Willborg, contribueront à faire de l’événement une grande rencontre internationale.

International Ceramics Fair
Organisée par Brian et Anna Houghton, cette foire spécialisée s’est fait une place de choix sur le marché, au point de devenir le passage obligé de tous les professionnels du monde de la céramique. Du 12 au 15 juin, elle rassemblera les plus belles pièces disponibles sur le marché international, proposées par 45 exposants, et organisera par ailleurs une série de conférences sur l’état des recherches et les dernières découvertes dans ce domaine, qui attireront les spécialistes de la céramique, peu nombreux mais très exigeants, à l’instar des collectionneurs de livres.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°62 du 5 juin 1998, avec le titre suivant : Londres affirme son rôle sur le marché international

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