Samedi 22 février 2020

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Les temps forts de l’automne

Par Marie Potard · Le Journal des Arts

Le 15 septembre 2015 - 561 mots

Les maisons de ventes redoublent d’inventivité sur le plan du marketing
pour événementialiser leurs ventes du deuxième semestre.

MONDE - Un temps reines en leur royaume, les maisons de ventes ne peuvent plus ignorer l’impact des foires internationales, dans un marché ultra-concurrentiel. En réponse, elles adoptent diverses stratégies, par exemple en calant les dates de leurs vacations sur le calendrier culturel ou en misant sur la dispersion d’une collection au nom prestigieux.

Ainsi, Drouot entend bien profiter de l’effervescence parisienne en participant aux Journées du patrimoine (les 19 et 20 septembre) par le biais de plusieurs conférences et ventes, parmi lesquelles la dispersion d’une importante collection de céramiques chez l’OVV Pescheteau-Badin. L’hôtel des ventes prendra aussi part à la Nuit blanche (le 3 octobre), et à la Fiac (du 22 au 25 octobre) avec plusieurs vacations d’art contemporain : la maison Digard en profite pour vendre la collection Pierre et Jojo Restany (le 24 octobre), qui comprend une Vénus d’Yves Klein (estimation 30 000 à 40 000 €) et des accumulations d’Arman. Artcurial lui emboîte le pas avec « The Beautiful Winners » (le 27 octobre), une vente de 60 œuvres d’Urban Art (art urbain). Le salon Paris Photo (du 12 au 15 novembre) est aussi prétexte à de nombreuses vacations, chez Artcurial (avec une collection de photographies de Pierre Molinier) ou Yann Le Mouël (avec « Collection d’Yvan Christ », soit 132 tirages d’Eugène Atget).

Noms prestigieux
Les maisons de ventes veulent aussi attirer les regards en ayant recours à un nom ou une collection prestigieuse. C’est le cas de la vente de la bibliothèque de Pierre Bergé (OVV Pierre Bergé & associés, en collaboration avec Sotheby’s), le 11 décembre, point d’orgue de ce semestre à Paris : celui qui fut le compagnon d’Yves Saint Laurent se déleste de sa bibliothèque, constituée de quelque 1 600 ouvrages datés du XVe au XXe siècle (est. 10,5 à 14,9 M€). Avant cela, le 29 septembre, Sotheby’s Paris disperse des œuvres provenant des collections du comte et de la comtesse de Paris (décédés) : 200 lots (est. 4 à 6 M€), comprenant notamment un collier de l’ordre royal du Saint-Esprit (est. 200 000 à 300 000 €). Les 28 et 29 septembre, Christie’s Paris livre aux enchères la collection Jean-Louis Remilleux du château de Digoine (Saône-et-Loire), soit plus de 1 000 lots composés de meubles et objets du XVIIe au XIXe siècle (est. 7,5 à 11,5 M€) dotés de provenances telles que les Windsor, Karl Lagerfeld, Alexis de Redé…

En novembre à Londres, Sotheby’s disperse la collection de la famille Bernheimer dont est issu le marchand de peinture ancienne Konrad Bernheimer. Au programme : des tableaux, de la sculpture, des céramiques, des livres…, en tout plus de 700 lots estimés plus de 8 millions d’euros.
Toujours en novembre mais à New York cette fois, Sotheby’s offre en plusieurs vacations, et dans différentes spécialités, l’impressionnante collection de son ancien propriétaire, Alfred Taubman (lire p. 23) : 500 œuvres estimées aux alentours de 445 millions d’euros, dont un Modigliani avec Portrait de Paulette Jourdain, vers 1919 (est. 22 à 31 M€). De son côté, Christie’s proposera une autre œuvre de Modigliani, Nu couché, estimée au-delà de 90 millions d’euros, tandis qu’à Paris l’auctioneer programme pour le 2 novembre sa première « Exceptionnal Sale », sur le modèle de celles de Londres (est. 10 à 20 M€).

Légende photo

Amedeo Modigliani, Nu couché, 1917-1918, huile sur toile, 59,9 x 92 cm, vente du 9 novembre, Christie's, New York. © - Photo Christie's Images Limited

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°441 du 18 septembre 2015, avec le titre suivant : Les temps forts de l’automne

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