Foire

Les perles de Tefaf

Par Marie Potard · Le Journal des Arts

Le 27 février 2020 - 904 mots

MAASTRICHT / PAYS-BAS

La foire hollandaise est réputée pour présenter des œuvres inédites et de haute qualité dans chacune des sections. Naturellement les prix s’en ressentent.

Peinture Baroque italienne

250 000 euros
Luca Ferrari, dit Luca da Reggio (1605-1654), Arria et Caecina Paetus, vers 1645, huile sur toile, 143 x 120 cm. Giacometti Old Masters Paintings, Milan.
Dans la seconde moitié des années 1640, Luca Ferrari adopte un style bien défini : des thèmes rarement représentés, des figures au premier plan, dans des poses sensuelles et habillées de riches costumes. Cette toile, découverte par la galerie, est un excellent exemple de cette manière de peindre. Elle représente Arria, épouse de Paetus condamné à mort, se transperçant la première, puis tendant le poignard à son mari en disant : « Paetus, on ne souffre pas. »

Antiquité grecque

580 000 euros
Fragment de stèle funéraire, travail grec, période Attique, IVe siècle avant J.-C., marbre. H. : 66 cm. Galerie Chenel, Paris.
Ce fragment, conservé dans la même famille française depuis les années 1950 et représentant un homme en position assise, est issu d’une stèle funéraire athénienne de la période classique. Ces sculptures en bas-relief avaient pour but de marquer l’emplacement de la tombe du défunt, rappelant son nom et son image. Le marbre, recouvert d’un dépôt très rosé témoigne de son long séjour sous terre.

Sculpture animalière

Entre 120 000 et 150 000 euros
Gaston Étienne Le Bourgeois (1880-1956), Lion en marche, vers 1927, bronze monogrammé et numéroté 4/15, fonte de Colin. H. : 35 cm. Galerie Xavier Eeckhout, Paris.
Gaston Étienne Le Bourgeois a répondu à de nombreuses commandes d’État et de particuliers, tels que le couturier Jacques Doucet ou François Ducharne, le fondateur des soieries éponymes à Lyon à qui cette sculpture a appartenu. Elle ornait la salle à manger de son hôtel particulier érigé à Auteuil par l’architecte Pierre Patout, entre 1923 et 1925, et décoré par Jacques-Émile Ruhlmann en 1929.

Chine Ancienne

Entre 400 000 et 450 000 euros
Grand vase rituel à vin de forme Fang Hu, période des Printemps et Automnes (vers 770-476 avant J.- C.), bronze à patine brune et verte, incrustation de cuprite et malachite. H. : 68 cm. Galerie Gisèle Croès, Bruxelles.
Issu d’une collection privée française, ce vase en forme de poire présente une base supportée par quatre buffles et les poignées en forme d’animaux ressemblant à des tigres. « Cet objet est un magnifique exemple de l’avancement de la technologie de moulage accompli au cours de la dynastie Zhou orientale », explique la galerie.

Néo-impressionnisme

En dessous d’1 million d’euros
Robert Delaunay (1885-1941), La Flèche de Notre-Dame, 1909, aquarelle sur papier. 63,5 x 44,5 cm. Galerie Le Minotaure, Paris.
Cette œuvre, particulièrement d’actualité, provient de la succession de l’artiste. Elle a été exposée lors d’une rétrospective en 1985 au Musée d’art moderne de la Ville de Paris, « Robert et Sonia Delaunay : le centenaire ». Selon la galerie, elle a probablement été réalisée à partir d’une carte postale conservée par l’artiste et représentant la flèche de Notre-Dame, vue du transept coté ouest.

Design XXe

Autour de 150 000 euros
Charlotte Perriand (1903-1999), Bibliothèque Borot, vers 1959, pièce unique en pin d’Orégon. H. : 217 cm. Laffanour – Galerie Downtown, Paris.
S’étant liés d’amitié après leur rencontre au premier concours pour l’aménagement de la résidence universitaire d’Antony, c’est tout naturellement que Jean et Huguette Borot confient la restructuration de leur maison acquise en 1948, au pied de la butte Montmartre, à Charlotte Perriand, figure emblématique de l’architecture intérieure au XXe.

Mobilier XVIIIe

Autour d’1 million d’euros
Commode à deux vantaux et deux tiroirs en vernis Martin dans le goût du Japon, ornée de bronzes ciselés et dorés. Début de l’époque Louis XVI, estampillée Pierre Macret. H. : 87 cm. Galerie François Léage, Paris.
Pierre Macret a réalisé très peu de meubles d’exception. Mais il est notamment l’auteur d’un ensemble de meubles, commodes et encoignures, revêtus de panneaux de tôle laquée à l’imitation de l’Orient, dont fait partie la commode qui était placée dans la chambre de Louis XVI à l’étage d’attique du Petit Trianon.

Peinture hollandaise

En dessous d’1,2 million d’euros
Jacob van Ruisdael (1628-1682), L’Hekelveld, à Amsterdam en hiver, vers 1665-1670, huile sur toile. 49,5 x 65 cm. Agnews, Londres.
Généralement considéré comme le peintre paysagiste le plus réputé du siècle d’or hollandais, Jacob van Ruisdael a peint et dessiné des paysages urbains dans les années 1660 et 1670, en particulier des sites à Amsterdam et dans les environs. Il n’a peint que deux douzaines de scènes d’hiver et aucune n’est datée, mais l’historien d’art allemand Jakob Rosenberg a suggéré qu’il avait commencé à peindre ces sujets vers 1655.

Art moderne

Supérieur à 2 millions d’euros
Jean Fautrier (1898-1964), La Mort du sanglier, 1927, huile sur toile. 162 x 130 cm. Applicat-Prazan, Paris.
Cette œuvre est à rattacher à la « période noire » de Jean Fautrier où, durant une année, l’artiste s’astreint à ne peindre que du noir. Il existe deux versions du sanglier, celle-ci et l’écorché, conservée au Musée d’art moderne de la Ville de Paris. Provenant de la collection de Florence Jay- Gould, cette toile est « sans aucun doute une des œuvres les plus importantes de l’artiste », commente Franck Prazan.

Antiquité orientale

Entre 100 000 et 500 000 euros
Acrobate assis au sommet d’une échelle, Iran, probablement Luristan, IIe avant J.- C., bronze. H. : 23,5 cm. Galerie Kevorkian, Paris.
Issue de l’ancienne collection Jean-Paul Barbier (avant 1965), cette pièce, dont l’identité et la fonction restent une énigme, provient d’une importante collection française d’archéologie orientale – comprenant une quarantaine d’objets – achetée dans son intégralité par la galerie. « Cet objet est à notre connaissance unique », explique Corinne Kevorkian.

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°540 du 28 février 2020, avec le titre suivant : Les perles de Tefaf

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