Mercredi 17 octobre 2018

Des journées marteau

« Le Week-end Marteau, une initiation aux ventes publiques »

Pour sa 5e édition, le « Week-end au marteau » se tiendra les 27 et 28 mars à travers la France. Cofondateur et vice-président du Symev, le commissaire-priseur angevin Jean-Philippe Courtois s’apprête, tout comme ses confrères, à accueillir le grand public.

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 16 mars 2010 - 650 mots

Jean-Philippe Courtois, cofondateur et vice-président du Symev, commissaire-priseur à Angers.

Le Symev (Syndicat national des maisons de ventes volontaires) organise pour la 5e année consécutive un week-end national « portes ouvertes » destiné à faire découvrir au grand public le monde des enchères. Cette manifestation connaît-elle toujours autant d’entrain ?
Chaque année, avec mes confrères d’Anjou-Bretagne – qui réunit trente et une sociétés de ventes au total –, nous sommes motivés pour préparer cet événement. Pour nous, c’est même la 6e édition, puisqu’en 2005 notre région avait fait office de laboratoire au « Week-end Marteau », avant son lancement au niveau national l’année suivante.

Qu’organisez-vous lors de cet événement ?
Comme beaucoup de commissaires-priseurs, j’organise annuellement une journée d’expertise gratuite. Ce mot « gratuit » fait venir les gens. Lors de cette journée, nous voyons une centaine de personnes. Certaines d’entre elles apportent jusqu’à vingt objets à expertiser. Nous découvrons chaque année des œuvres d’art intéressantes au cours de cette opération. Je programme également une conférence sur le marché de l’art qui captive généralement le public. J’y aborderai cette année les changements entre 2000 et 2010, avant de répondre aux nombreuses questions sur les enchères.

Quels sont précisément les changements du marché ?
Nous avons observé une baisse des prix du mobilier XVIIIe et XIXe, classique et rustique. Les sièges classiques anciens se vendent aussi mal, hormis les pièces de très grande qualité. Les jeunes préfèrent le design. Mais le mobilier des années 1950 à 1970, qui passe régulièrement en vente à Paris, n’intéresse pas du tout les acheteurs en province. En revanche, les bibelots, objets et vitrine et de curiosité suscitent beaucoup d’intérêt, de même que les jolis petits meubles raffinés et de caractère, comme une table bouillotte, un bonheur-du-jour ou un petit guéridon Louis XVI.

Quelles sont les retombées du « Week-end Marteau » ?
La période que nous avons choisie, qui arrive après les sports d’hiver et trop tôt dans la saison pour les week-ends à la mer, est propice à l’initiation aux ventes publiques. Nous rencontrons chaque année de nouvelles personnes qui deviennent à notre contact, soit des vendeurs, soit des acheteurs. Le discours est le même partout en France chez tous mes confrères qui aiment leur métier et qui ont envie de le faire connaître.

L’affaire des « cols rouges » de Drouot a-t-elle égratigné l’image de la profession en régions ?
Nous en entendons parler par des notaires locaux et des habitués de nos hôtels de ventes. Je leur explique que c’est un phénomène très parisien et que cette affaire concerne les commissionnaires. Et ils ne font l’amalgame avec notre profession. Mais pour nous, cette affaire est un tsunami. Elle risque de discréditer l’ensemble de la profession. La faute à Drouot qui fonctionne selon un système archaïque. Ce qui s’est passé à Paris aurait dû être réglé depuis longtemps.

Quelles vont être les conséquences sur l’avenir de la profession ?
Nous n’avons pas de nouvelles de la réforme, dont le texte, qui doit être étudié par les députés, est certainement dans les cartons. Cela n’est pas bon pour nous. À la suite à l’affaire des « cols rouges » à Drouot, la commission MAM [Michèle Alliot-Marie] va vouloir faire un effet d’annonce. Un renforcement des pouvoirs du Conseil des ventes volontaires (CVV) nous pend au nez. Mais nous, commissaires-priseurs, restons malgré tout solidaires pour défendre l’avenir de notre profession, contre vents et marées.

Quel est votre avenir personnel ?
Je suis un vieux de la vieille, entré dans le métier en 1968, qui part à la retraite à la fin de l’année. Raphaël Courant, jeune commissaire-priseur diplômé et mon clerc depuis deux ans, prend la relève. Aussi passionné que je l’étais à son âge, il appartient à cette nouvelle génération de commissaires-priseurs parfaitement formés aux techniques modernes et conscients des nouveaux enjeux de la profession.

UN WEEK-END AU MARTEAU, les 27 et 28 mars, manifestations gratuites partout en France, www.symev.org

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°321 du 19 mars 2010, avec le titre suivant : « Le Week-end Marteau, une initiation aux ventes publiques »

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