Foire

LIVRES ANCIENS

Le Salon du livre rare préserve l’essentiel

Par Marie Potard · Le Journal des Arts

Le 30 septembre 2020 - 545 mots

PARIS

En se maintenant, le salon a réussi son pari : accueillir suffisamment de collectionneurs pour générer un niveau honorable de ventes.

Paris. Le Salon international du livre rare qui s’est tenu à Paris sous la nef du Grand Palais du 18 au 20 septembre a mis du baume au cœur des bibliophiles, tant du côté des exposants que des collectionneurs. Que la manifestation ait été maintenue était important pour les libraires d’anciens car, depuis le mois de mars, aucun salon consacré aux livres anciens n’a eu lieu – ceux de Londres et Bruxelles ont été annulés – et tous les prochains, à Amsterdam ou encore à Boston, le sont aussi. « Cela nous a permis de revoir des clients que nous n’avions pas vus depuis six mois », a indiqué le libraire parisien Pierre Prévost.

Cette édition pas comme les autres a accueilli 10 000 visiteurs en trois jours, contre 19 000 l’an passé. « Si nous atteignons le chiffre de 10 000 visiteurs, nous serons contents ! », espérait en début de manifestation Hervé Valentin, le président du Slam (Syndicat national de la librairie ancienne et moderne), organisateur de l’événement. Le pari est donc gagné, en prenant en considération la baisse du nombre de libraires participants due au contexte sanitaire (154 contre 173 en 2019), l’absence de la section « objets d’art » et la limitation du nombre d’invitations distribuées aux exposants pour le vernissage : 100 chacun contre 400 les années passées afin de respecter la distanciation physique et faire en sorte que les visiteurs se sentent à l’aise. Mention spéciale aux galeries étrangères qui ont bravé les contraintes sanitaires puisqu’on en dénombrait 27, venues d’Angleterre, d’Espagne, de Suisse, d’Autriche, de Hollande, de Belgique et même du Japon. « J’ai apporté moi-même les ouvrages car j’avais peur qu’ils n’arrivent pas à temps ! », a indiqué le libraire japonais Kagerou Bunko (Tokyo), qui a pris le risque de venir en France alors qu’il devra se confiner quinze jours en rentrant dans son pays.

Les collectionneurs étaient au rendez-vous

Au final, même s’il y a eu moins de visiteurs que les années passées, « le socle des collectionneurs, les vrais bibliophiles, étaient présents, coûte que coûte », s’est réjoui Hervé Valentin. Aussi, de nombreuses ventes ont été conclues, essentiellement à des Français. Christophe Champion (librairie Faustroll, Paris) a indiqué avoir vendu une cinquantaine d’ouvrages – jusqu’à 10 000 euros –, notamment de la bibliothèque de l’éditeur et critique littéraire Maurice Nadeau qu’il exposait. Il a également cédé, dès l’ouverture, le numéro zéro de la revue Karamazov, fondée en 1979 par Michel Houellebecq (prix non communiqué). Jean-Baptiste de Proyart (Paris) a vendu, entre autres, trois manuscrits autographes de Georges Pompidou Et puis voici des vers…, Entretien imaginaire et Conférence à la Comédie française (45 000 €) ainsi que 21 lettres autographes d’Alfred Jarry à Félix Fénéon (35 000 €). Bertrand Meaudre (librairie Lardanchet, Paris), quant à lui, a indiqué avoir vendu des pièces tous les jours, dont Tour Eiffel, par Vicente Huidobro avec une composition originale au pochoir de Robert Delaunay (autour de 20 000 €, voir ill.).

« Avoir maintenu le salon a été une stratégie payante, même s’il y a eu moins de visiteurs. C’était une manière de dire : regardez, nous continuons ! C’est un signal fort envoyé aux collectionneurs », estime Pierre Prévost.

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°552 du 2 octobre 2020, avec le titre suivant : Le Salon du livre rare préserve l’essentiel

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