Sotheby’s

Le prestige Landau toujours aussi vif ?

Sotheby’s parie sur la dispersion de 355 lots, issus de la collection Landau-Goldman.

Par Marie Potard · Le Journal des Arts

Le 27 mars 2013 - 557 mots

PARIS - Quand Jacqueline Goldman, nièce et héritière de l’antiquaire Nicolas landau (1887-1979), a décidé de vendre la collection Nicolas Landau enrichie de ses propores acquisitions auprès des plus grands, les antiquaires Nicolas et Alexis Kugel, ainsi que le décorateur Axel Vervoordt, se sont joints à l’événement.

Ils avaient acquis une partie du contenu de l’appartement rue du Cirque, transposé presque à l’identique dans leur galerie pour une exposition en 2006. Ils offrent à la vente les objets qu’ils ont encore de lui.

Nicolas Landau se définissait comme le « spécialiste de l’invendable », l’objet invendable étant, selon lui, « l’objet touché par une désaffection provisoire mais dont on suppose, par préscience, qu’il sera convoité ». Il remit au goût du jour les objets de curiosité, les instruments scientifiques, les vanités, les trompe-l’œil. Il aimait les objets de toutes sortes, rapprochant les formes, les origines, les époques et les matériaux dans des vitrines qu’il arrangeait avec une sens parfait de l’harmonie.

L’esprit Landau gage d’élégance
Cette collection est profondément marquée par son goût et sa personnalité et Sotheby’s a souhaité recréer cet « esprit Landau ». « On s’est efforcé de conserver cet esprit avec des objets d’origines et d’époques diverses. C’est cette mixité qui reflète l’intérêt de cette vente », souligne Brice Foisil, spécialiste de la vente. Pour l’occasion, Axel Vervoordt a réinventé des « vitrines Landau » avec des « objets Landau », tels des objets de l’Antiquité égyptienne, des pierres dures, estimés très raisonnablement 3 000 à 8 000 euros. D’autres œuvres emblématiques du goût Landau : un aquamanile tripode en bronze, Nuremberg, vers 1400 (est. 50 000 à 80 000 euros), un astrolabe marocain du XVIIIe siècle (est. 50 000 à 70 000 euros), un cheval écorché en bronze, Rome, vers 1795 (est. 50 000 à 80 000 euros), un pied de table en grauwacke (basalte), Égypte romaine, Ier ou IIe siècle ap. JC (est. 30 000 à 50 000).

Dans La Vie française, du 12 juillet 1968, un journaliste demandait à Nicolas Landau s’il avait une collection privée : « la collection privée d’un antiquaire est faite de ses invendus ». Une grande partie de la collection a déjà été dispersée. Mais « il restait un bon fond. Ce sont des sommes non négligeables bien sûr mais ce ne sont pas des objets extrêmement importants. Ce qui est très bien d’ailleurs pour le marché parce que cela permet à des gens d’acquérir des objets de bon niveau, sans que ce soit à des prix invraisemblables. C’est de bon aloi, avec une provenance saine et un nom assez porteur en plus », commente Laurent Kraemer, antiquaire à Paris. Pour son confrère, Camille Bürgi, « la vente est de très bon goût, mais sans pièce forte et peut-être que le phénomène Landau ne jouera pas comme si la vente avait eu lieu il y a vingt ans. Les gens ne le connaissent plus, à moins que Sotheby’s, avec un peu d’impulsion, crée l’engouement ». Voyons si les grands collectionneurs se déplaceront…

COLLECTION DE NICOLAS LANDAU ET JACQUELINE GOLDMAN SOTHEBY’S

Expert : Brice Foisil
Estimation : 2,4 à 3,6 millions d’€
Nombre de lots : 355

les 8 et 9 avril, 76, rue du Faubourg Saint-Honoré, 75008 Paris, Exposition publique du 4 au 8 avril, 10h-18h et 7 avril 14h-18h, tél. 01 53 05 53 05, www.sothebys.com

Légende photo

L’œil de Nicolas, hommage à Nicolas Landau réalisé par Axel Vervoordt avec plusieurs objets ayant appartenus à Nicolas Landau, 63,5 x 50 x 14 cm, estimation : 5 000-8 000 euros, vente des 8 et 9 avril, Sotheby's, Paris. © Photo : Sotheby’s/ArtDigital Studio.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°388 du 29 mars 2013, avec le titre suivant : Le prestige Landau toujours aussi vif ?

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