Design

Le pop au top

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 7 novembre 2003

La collection Bruno Mouron de mobilier des années 1960-1970 a rapporté 307 000 euros chez Artcurial.

PARIS - La vente de la collection de design 1960-1970 de Bruno Mouron s’est déroulée chez Artcurial le 21 octobre. Était dispersé un ensemble de 152 pièces de mobilier et luminaires dont 77 % ont trouvé preneurs. Ce pourcentage plus qu’honorable consacre un marché encore jeune et documenté depuis peu seulement. Les enchères de nombreux particuliers ont rythmé la vacation, alors que les marchands se sont montrés plus timides, faute de ressources suffisantes dans un contexte économique très difficile. Cela peut expliquer que quelques pièces historiques n’ont pas été vendues, à l’instar du lot phare, un ensemble bureau et siège Boomerang de 1969 par Maurice Calka, mais aussi de la lampe de Ben Swildens en tube d’acier chromé cintré – un exemplaire rare en parfait état et estimé à un prix raisonnable – ou encore d’un modèle de lampe Amalassunta (1968) par Vittorio Gregotti. Cette dernière a finalement été acquise en after sale par un grand collectionneur italien absent de la vente. Une autre pièce rare, la lampe Frine (1968) du Studio Tetrach, a en revanche été achetée par un marchand pour 3 129 euros. « Le goût de la clientèle était très divers. La vente a fonctionné selon les coups de cœur », commente Fabien Naudan, l’expert de la vente. Les acheteurs ont plutôt plébiscité de grands classiques comme les chauffeuses, chaises longues et le pouf duo « Djinn » d’Olivier Mourgue, ou encore une suite de six chaises Panton. Les enchères ont été poussées au-delà des estimations pour ces objets que l’on voit pourtant régulièrement sur le marché. L’engouement pour le plastique coloré a fait son effet puisque les téléphones, radios et postes de télévision d’époque sont partis à l’unité et souvent à bon prix. De même, les banquettes biplaces jaunes, orange et vertes de Prevost et Favriau – une édition de France Design 1970 –, un ensemble de 83 pommes à glaçons et un lot de services à orangeade en forme d’ananas ont été très correctement vendus. Le siège Homme de Ruth Francken en édition originale et une édition plus tardive de 1988, « du vrai mobilier pop » selon l’expert, ainsi que le module canapé de Matta ont été adjugés au ras de l’estimation basse, respectivement pour 16 846, 6 618 et 4 212 euros. De beaux résultats ont été enregistrés pour la lampe épingle de nourrice de Yonel Lebovici. La plus belle version du modèle en métal chromé de 1975 à double boucle a atteint le prix record de 31 286 euros. Pour les créations de l’Atelier A, le catalogue raisonné paru il y a quelques mois a pu doper les achats. Ainsi, une unique lampe BD et un prototype de grande roche lumineuse d’André Cazenave sont montés au double de leurs estimations, à 4 212 et 4 091 euros. La lampe tertiaire de Mizrahi a été adjugée 5 415 euros, une excellente affaire pour cette autre pièce unique, et la chaise longue Formule 1 d’Arnal, éditée à 10 exemplaires, a été vendue 10 830 euros. Le 22 octobre, c’est dans le même esprit que les amateurs ont acquis les tableaux et sérigraphies « pop » d’Alain Jacquet, d’Éric Beynon et d’Andy Wahrol.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°180 du 7 novembre 2003, avec le titre suivant : Le pop au top

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