Jeudi 12 décembre 2019

Peinture

Le Pincemin figuratif

La galerie Jacques Elbaz montre le deuxième volet de l’exposition consacrée à Jean-Pierre Pincemin

Le Journal des Arts

Le 30 novembre 2011 - 526 mots

PARIS - Après un premier volet dédié aux peintures abstraites de Jean-Pierre Pincemin (1944-2005) sur la période 1974-1985, regroupant ses Palissades et ses toiles géométriques, la galerie Jacques Elbaz, à Paris, expose quinze tableaux à tendance figurative de l’artiste.

Révolution formelle : la rigueur orthogonale et un certain classicisme qu’il aura mis une dizaine d’années à atteindre laissent place à l’aventure figurative. C’est à partir de son exposition à la Galerie de France en 1986, dans le cadre de l’Année de l’Inde, que Pincemin trouve une nouvelle direction plastique dans sa quête et sa construction de la peinture. « Ma peinture, dira-t-il, a suivi ce chemin : elle s’inscrit, avec tout ce qu’elle a de nouveau, je l’espère, dans la tradition. » Il rencontre d’abord, dans le folklore indien, des feuilles, des éléphants, des arbres, qui sont pour lui autant de figures, de fragments et d’éléments structurant ses tableaux. Puis, c’est dans les enluminures du Moyen Âge, les icônes religieuses, dans le répertoire chinois ou les estampes japonaises qu’il s’approprie ses sujets, ses motifs en les libérant de leur contexte et de leur valeur référentielle. Pincemin joue avec les superpositions iconographiques, les gammes de couleur, l’épaisseur, la matière et les textures. Trois versions de la Chasse du tigre tirées d’estampes japonaises ont été réunies par Jacques Elbaz et dialoguent, entre autres, avec la Dérive des continents, la Création du monde ou Les Robes chinoises. En somme, de grands tableaux par leur format et leur histoire. 

Exposition démonstration
« Pour ce second volet, j’ai réussi à réunir quinze tableaux importants dont certains ne sont jamais passés dans l’espace marchand, précise Jacques Elbaz. C’est une exposition démonstration qui n’est pas seulement commerciale, mais qui a aussi un caractère historique. Certaines toiles ne sont d’ailleurs pas à vendre. » Car, si Pincemin bénéficie en 2010, cinq ans après sa mort, de trois rétrospectives dans des musées de province (Roubaix, Angers, Céret) et d’une exposition personnelle très remarquée à la Fiac, à Paris, avec la galerie Applicat-Prazan, il est resté en marge de la programmation des musées parisiens. Son œuvre, guidée par l’obsession de la peinture et un esprit libre, dans une logique constante de renouvellement, faite de reprises, de remix, de déconstructions et de variations, « a été mal comprise par la critique, indique son marchand et ami. On l’a mis à l’écart. Et j’insiste pour dire haut et fort qu’il est inconcevable que Beaubourg ou le Musée d’art moderne de la Ville de Paris n’aient pas consacré à Pincemin une exposition. D’ailleurs, peu de professionnels et gens de musée se sont déplacés » ! Plus cher que tous les autres marchands avec Pincemin, Jacques Elbaz précise : « Dieu merci, il existe des collectionneurs qui comprennent la différence de cote au regard de l’importance historique des toiles accrochées. » Le soutien des institutions provinciales et des galeries provoquera-t-il celui des conservateurs ?

JEAN-PIERRE PINCEMIN, DEUXIEME VOLET, PEINTURES FIGURATIVES, 1986-2004

Nombre d’œuvres : 15
Prix : entre 60 000 et 200 000 €

Jusqu’au 28 janvier 2012, galerie Jacques Elbaz, 1, rue d’Alger, 75001 Paris, tél. 01 40 20 98 07, www.galeriejacqueselbaz.com, tlj sauf dimanche et lundi 10h30-12h30 et 14h-18h30

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°358 du 2 décembre 2011, avec le titre suivant : Le Pincemin figuratif

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