Mercredi 21 octobre 2020

États-Unis

L’Armory Show veut se ressaisir

La foire doit encore s’améliorer pour résister à l’arrivée de Frieze

Par Frédéric Bonnet · Le Journal des Arts

Le 28 février 2012 - 713 mots

NEW YORK [02.03.12] - Il a été si tardif que l’accouchement semble avoir eu lieu aux forceps ! Publiée moins de deux mois avant son inauguration, à la mi-janvier alors que ses portes ouvriront le 7 mars, la liste des participants à la 14e édition de l’Armory Show, à New York, n’a pourtant pas la mauvaise allure que ses dérives progressives et cette difficulté à boucler le contenu pouvaient laisser craindre. PAR FRÉDÉRIC BONNET

La foire n’avait de toute manière d’autre alternative que de tenter un ressaisissement énergique, menacée qu’elle est désormais sur ses propres terres par la londonienne Frieze qui lancera sa première édition new-yorkaise au printemps. Avec un total de 228 galeries issues de 30 pays – dont 157 pour la section contemporaine et 71 pour la moderne –, l’effectif amorce une légère décrue comparativement aux 249 présentes l’an dernier ; un effort qui certainement serait à accentuer encore un peu afin d’enrailler la désagréable impression de remplissage qui présidait lors des dernières éditions. Un nouveau parcours plus aéré et esthétique est en outre annoncé.

Selon Bruno Delavallade (Praz-Delavallade, Paris), membre du comité de sélection, « le comité a pointé la nécessité d’un changement passant par une meilleure sélection, des stands plus grands et moins de galeries. On ne change pas radicalement du jour au lendemain, mais l’évolution semble aller dans le sens d’une amélioration de la qualité ». Si quelques nouveaux entrants de qualité sont annoncés tels les berlinois Sprüth Magers, Klosterfelde et Guido W. Baudach, Greene Naftali (New York), Jérôme de Noirmont (Paris), Rampa (Istanbul), ou David Zwirner qui effectue là un retour remarqué, la liste laisse encore voir un très gros contingent d’enseignes américaines incluant de nombreux seconds couteaux !

Une opportunité pour les marchands européens
C’est là tout le paradoxe de ce salon, que de se tenir dans un centre mondial de l’art, à une période qui bien qu’hivernale n’en est pas moins riche en événements – Biennale du Whitney, Triennale du New Museum, rétrospectives John Chamberlain au Guggenheim Museum et Cindy Sherman au MoMA… – mais d’être toujours plus boudée par les grandes enseignes nationales. Pour Laurent Godin, qui affirme y avoir toujours bien travaillé depuis sa première participation en 2009 et proposera cette année un projet solo de Wang Du, « la foire vit un moment difficile car malheureusement les galeries locales ne jouent pas le jeu. Elles sont très heureuses que les collectionneurs internationaux viennent à New York à ce moment-là mais se contentent de leurs espaces sans la supporter ». Cette situation ouvre par voie de conséquence un boulevard aux marchands européens – britanniques, allemands et français en tête – qui s’y pressent, très heureux de bénéficier de ce marchepied vers le marché américain.

Ainsi les Londoniens Victoria Miro, Lisson, Pilar Corrias ou Max Wigram seront de nouveau de la partie, tout comme Massimo De Carlo (Milan) et Monitor (Rome) ou Mai 1936 (Zürich). Côté français, onze galeries seront présentes, parmi lesquelles les parisiennes Hervé Loevenbruck, Hussenot, JGM, Daniel Templon ou Nathalie Obadia. Hervé Bize (Nancy) fait cette année son entrée en scène, avec un accrochage mêlant André Cadere, François Morellet et Bruno Carbonnet. Une participation qui pour lui s’inscrit dans le cadre de relations soutenues, entretenues depuis plusieurs années avec des galeries et des institutions américaines, notamment du fait de la gestion de l’Estate de Cadere, mais aussi de l’intérêt de certains musées pour Morellet. À l’inverse de l’Europe la présence asiatique n’est guère dynamique (huit participants). Celle de l’Amérique latine non plus, qui pourtant était à l’honneur en 2011 et n’envoie cette année que sept galeries dont Nara Roesler (São Paulo), Mendes Wood (São Paulo) ou Lucia de la Puente (Lima) et nulle Mexicaine. Cette désaffection trahirait-elle de mauvais résultats lors de l’édition précédente ? Reste à espérer meilleure fortune pour les pays nordiques qui alignent 19 enseignes – dont Bo Bjergaard (Copenhague), Anhava (Helsinki), Andréhn-Schiptjenko (Stockholm) – à la faveur du focus régional qui leur est à leur tour consacré.

THE ARMORY SHOW

Directeur fondateur : Paul Morris
Nombre d’exposants : 228
Tarif stands en 2011 : 10 000 à 65 000 $
Nombre de visiteurs en 2011 : 65 000

Du 8 au 11 mars, Piers 92 & 94, 12e avenue-55e rue, New York, www.thearmoryshow.com, du 8 au 10 mars 12h-20h, le 11 mars 12h-19h

Légende photo :

Vue des allées de l'édition 2010 de l'Armory Show - © Photo : See-Ming Lee - 2010 - Licence CC BY-SA 2.0 

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°364 du 2 mars 2012, avec le titre suivant : L’Armory Show veut se ressaisir

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