Vendredi 14 décembre 2018

Allemagne

La première Berlin Art Week sous de bons augures

Onze partenaires publics et privés se sont réunis pour faire revenir les collectionneurs internationaux à Berlin.

BERLIN - Depuis l’annulation d’Art Forum l’an passé, Berlin semblait avoir disparu de la carte des événements internationaux à l’automne. La moitié des galeries berlinoises affirme avoir souffert financièrement de cette annulation. Le gouvernement berlinois a refusé catégoriquement toute tentative de faire revivre Art Forum. Il a proposé en lieu et place de la foire annulée de financer un nouveau concept commercial sur le modèle de la Berlin Fashion Week. Onze partenaires publics – comme la Nationalgalerie et la Berlinische Galerie – et privés, telles que les foires ABC et Preview, ont donc joint leur force pour concocter un programme destiné à faire revenir les collectionneurs internationaux.

Un des premiers temps forts de la Berlin Art Week a été l’annonce des quatre nominés pour le « Prix de la Nationalgalerie pour les jeunes artistes 2013 » : Kerstin Brätsch, Mariana Castillo Deball, Simon Denny et Haris Epaminonda. Le directeur de la Nationalgalerie Udo Kittelmann a annoncé un changement majeur du prix qui ne comportera plus de rétribution monétaire, mais sera doté d’une exposition dans un des six musées de la Nationalgalerie.

Paris a sa tour Eiffel, Berlin ses chantiers. Le tenant du prix de la Nationalgalerie 2011, l’artiste français Cyprien Gaillard, poursuit son exploration urbaine lors d’une performance, un ballet de grues assorties de feux de Bengale, sur un chantier situé en face du Pavillon Schinkel, qui a réuni le tout Berlin du monde de l’art.

Les deux foires
La foire Preview spécialisée dans l’art émergent perd un peu de son identité en s’ouvrant cette année à des galeries plus établies, même si elle expose toujours de jeunes diplômés d’école d’art dans son « focus academy ».

L’ancienne foire off devenue pivot de la Berlin Art Week, ABC, refuse toujours le titre de foire, et préfère le titre « exposition-vente ». Attachée à son format expérimental, elle présentait cette année 129 galeries provenant de 18 pays, dont la moitié de galeries berlinoises. Les galeries, directement invitées par les organisateurs parmi lesquels on compte la galerie Mehdi Chouakri, avaient une liberté totale dans le choix de l’artiste et l’organisation de leur présentation. « Nous organisons cet événement sur notre temps libre, nous ne nous concevons pas comme des directeurs de foire », réaffirmait encore avec force un des organisateurs, Guido Baudach, directeur de la galerie du même nom. Ceux-ci précisent néanmoins leur souhait de professionnaliser ABC avec l’arrivée de Maike Cruse comme directrice.Tout en saluant la qualité de l’événement, le mensuel allemand Art ironisait qu’ABC avait « Everything but collectors » (« tout sauf des collectionneurs »). S’il est vrai qu’on entendait surtout parler allemand dans les allées d’ABC, certains collectionneurs internationaux, parmi les Français Jean Chatelus par exemple, avaient fait le déplacement. Les curateurs et responsables d’institutions muséales de Frankfort, Nuremberg ou bien encore Wolfsburg étaient également présents. Peter Raue, avocat d’affaires et une des principales personnalités du monde de l’art berlinois, affirme apprécier le format particulier d’ABC. « Alors qu’à Bâle, tous les artistes sont connus, il est encore possible à Berlin de faire des découvertes », ajoute-t-il en pointant du doigt l’œuvre d’Ulrike Heise sur le stand d’Helga Maria Klosterfelde. ABC n’est pas une foire strictement commerciale, selon un des deux seuls galeristes français invités, Frank Elbaz : « C’est la rentrée des classes du monde de l’art. Berlin donne le rythme de la saison », ajoute-t-il. Pourtant, certaines galeries s’en sortent très bien : avant même le vernissage, la galerie Zink avait vendu la plus grande toile de son stand consacré à l’artiste Rinus Van de Velde.

La galerie Christophe Gaillard a vendu quant à elle des œuvres des deux artistes qu’elle représentait. Première participation très réussie donc pour la galerie française, qui exposait notamment la version anglaise de « Tu sais, l’artiste qui », installation de l’artiste Isabelle Le Minh avec son classement à la fois légèrement obsessionnel mais plein d’humour des artistes en plus de 5 000 catégories.
Les débuts de cette première Berlin Art Week sont donc très prometteurs, et il est à parier que les collectionneurs internationaux reviendront l’année prochaine, si tous les acteurs concernés maintiennent la qualité de leur offre.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°376 du 5 octobre 2012, avec le titre suivant : La première Berlin Art Week sous de bons augures

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