GALERIE

La galerie Mathivet s’ouvre au design

Par Marie Potard · Le Journal des Arts

Le 27 mars 2019 - 529 mots

Spécialisée en Art déco, la galerie Mathivet a décidé d’élargir son champ d’action. Pour la première fois, elle ouvre son espace au design contemporain avec une exposition personnelle consacrée à Franck Evennou.
Paris. Céline et Fabien Mathivet sont installés depuis une quinzaine d’années dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés à Paris, après avoir démarré aux Puces. Dès leurs débuts, ils se sont attachés à mettre en valeur les grands maîtres de l’Art déco français, tels que Ruhlmann, Jean-Michel Frank, Eugène Printz ou Jean Dunand. Mais voilà qu’il y a trois ans, Benoist Drut, directeur de la galerie Maison Gerard à New York leur présente Franck Evennou, qui leur fait découvrir son travail. C’est le coup de foudre. Le designer, né en 1958, travaille principalement le bronze – mais aussi le bois – à la manière d’un sculpteur, dans un langage poétique et organique inspiré de la nature. Cette rencontre tombe à pic : « Il y a des pièces que nous ne trouvons plus en Art déco, comme des paires de chevets, des tables gigognes ou des commodes à trois tiroirs. Sans parler de l’objet élitiste, désormais introuvable. Cette intrusion dans le design contemporain permet de compenser », argue Fabien Mathivet. Sans oublier qu’aujourd’hui, les collectionneurs aiment mélanger les périodes. « Et puis le côté africaniste des pièces en bois de Franck Evennou, telle sa pièce Totem, fonctionne très bien avec l’Art déco. »

La première fois que les galeristes ont exposé une de ses pièces, « c’était à la Brafa de Bruxelles en 2017. Nous montrions une table Lotus », racontent-ils. « Puis il a dessiné pour nous un lampadaire et une console et il y a un an, nous avons décidé d’organiser une exposition. » S’ouvrir au design contemporain est un bon moyen de s’attacher une nouvelle clientèle. « Cela nous permet d’entrer en contact avec des clients du contemporain et en même temps, cette ouverture plaît à nos clients, donc c’est très positif », indiquent Céline et Fabien Mathivet, dont la clientèle est constituée à 70 % d’étrangers, notamment d’Europe du Nord.

Mais les marchands préviennent qu'ils n’ont pas la prétention de mettre en lumière de designer inconnu. Ce n’est pas leur démarche. D’où la volonté de travailler avec une personnalité déjà réputée, comme Franck Evennou. Internationalement reconnu, il a reçu plusieurs commandes publiques, comme la porte monumentale de la Résidence des Pins, l’Ambassade de France au Liban ou encore le bureau-sculpture pour le Mobilier national. Il répond aussi à des commandes privées, comme celle de la maison Dior.

L’exposition rassemble un peu plus d’une vingtaine de pièces, pour des prix compris entre 3 000 et 4 000 euros et jusqu’à 40 000 euros. La plupart des lots sont en bronze et édités en tirages limités – 8 pour les œuvres originales, 25 pour les autres, excepté la table Lotus, qui en compte 99. Parmi elles, figurent la bibliothèque Totem, qui s’inspire d’une petite sculpture totémique, dont on retrouve les formes dans les montants, la table Lotus ou encore la table Néo. À côté, trônent une dizaine de pièces en bois, uniques, qui font pour la première fois l’objet d’une exposition. On ne peut comprendre le travail du bronze de Franck Evennou sans connaître ses bois affirment Céline et Fabien Mathivet.
Franck Evennou - Bronze / Bois,
du 5 avril au 11 mai, Galerie Mathivet, 6, rue Bonaparte, www.galeriemathivet.com

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°520 du 29 mars 2019, avec le titre suivant : La galerie Mathivet s’ouvre au design

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