Dimanche 23 septembre 2018

Art contemporain

Inde vs Chine

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 17 mars 2006 - 812 mots

À l’occasion de la semaine asiatique de New York, Sotheby’s et Christie’s se livrent une compétition accrue autour de l’art contemporain chinois et indien.

NEW YORK - A l’occasion de la semaine asiatique de New York du 28 au 31 mars, Sotheby’s et Christie’s jettent leur dévolu sur deux marchés profitables, qui bénéficient d’une croissance exponentielle. La première maison défend les couleurs de l’art indien du XXe siècle, la seconde porte l’étendard de l’art contemporain chinois.
Après le succès éclatant de l’art moderne et contemporain indien dans son dernier catalogue consacré à l’art de l’Inde et de l’Asie du Sud-Est, le 21 septembre 2005 à New York, Christie’s lance une vente entièrement dédiée à l’art moderne et contemporain indien le 30 mars à New York. Elle a également ouvert un bureau de représentation à Mumbai, en Inde, au début du mois de mars. « Nous vendons de l’art indien depuis 2000 à New York. En cinq ans, le marché a vraiment flambé, déclare Yamini Mehta, directrice du département d’art indien moderne et contemporain. Notre première vente, en 2000, nous a rapporté 650 000 dollars [550 000 euros]. Celle de septembre 2005 a totalisé 8,5 millions de dollars. Un collectionneur indien vivant en Amérique du Nord y a acheté Mahisasura, une peinture de 1997 de Tyeb Mehta [né en 1927] pour 1,584 million de dollars, un prix jamais atteint pour un artiste contemporain indien. C’était aussi la première fois qu’on dépassait le million de dollars. C’est d’autant plus impressionnant que, trois ans plus tôt, le même artiste passait la barre des 100 000 dollars avec Celebration, adjugée 317 500 dollars ».
Dans la prochaine vente de Christie’s, une autre toile de Tyed Mehta, Blue Torso, estimée 500 000 à 700 000 euros et datée de 1973, est un des lots les plus attendus. De grands espoirs sont aussi placés dans une rare et grande peinture Sans titre de 1975 par Vasudeo S. Gaitonde (1924-2001), estimée 600 000 à 800 000 dollars, mais dont la maison de ventes espère obtenir plus. Cet artiste considéré comme le chef de file de l’abstraction en Inde a peu produit. Autre star de la vente, Maqbool Fida Husain (né en 1915) est présenté avec un tableau de 1960 estimé 150 000 à 200 000 dollars et représentant des chevaux galopant. Sont également proposés pour 300 000 dollars un grand et beau nu assis de 1962 par Francis Newton Souza (1924-2002), et, autour de 200 000 dollars, Tarangh, une toile très expressive de l’artiste indien de l’école de Paris Syed Haider Raza (né en 1922), dont les œuvres sont déjà très courtisées en France.

Demande grossissante pour  l’art chinois
Chez Sotheby’s, après l’ouverture d’un nouveau département spécialisé en art contemporain chinois en juin à New York, une vente inaugurale est annoncée pour le 31 mars. « Ce domaine se développe très vite, note Henry Howard-Sneyd, directeur de Sotheby’s en Asie. Nous avons débuté les vacations d’art contemporain chinois à Hongkong en 2004 en réponse à une incroyable demande des clients pour ces œuvres. Nos volumes de ventes et chiffre d’affaires n’ont fait que progresser depuis, avec des totaux de 2,9 millions et 5,2 millions de dollars pour les deux premières ventes d’octobre 2004 et de mai 2005, puis de 9 millions de dollars le 24 octobre 2005 ! » Pour Tobias Meyer, directeur international du département d’art contemporain de Sotheby’s, qui tiendra le marteau le 31, « c’est très excitant de voir le marché de l’art contemporain asiatique croître de façon phénoménale. L’intérêt porté à ses œuvres à Hongkong nous permet d’anticiper une demande internationale plus large avec New York comme place de vente ». Et l’expert Xiaoming Zhang de préciser : « Nous ne nous contentons pas de vendre à New York, nous voulons aussi éduquer ce marché. La vente met par exemple en exergue l’émergence de deux mouvements post-1989 jouissant d’une reconnaissance internationale depuis le début des années 1990 : le “Réalisme cynique” avec notamment une icône du genre, Lions, huile sur toile de 1998 par Yue Minjun [né en 1962] (est. 100 000-150 000 dollars) et le “Pop politique”, dont la grande figure est Wang Guangyi [né en 1957]. » De ce dernier, Great Criticism-Pop Art, une peinture de 2005, a été estimé 180 000 à 250 000 euros. Estimés au bas mot 250 000 dollars chacun, The Living Word, une installation de 2001 de Xu Bing (né en 1955) et un portrait intitulé Bloodline Series: Comrade No. 120 par Zhang Xiaogang (né en 1958), un des peintres les plus doués de sa génération, sont les autres temps forts de la vacation.

- ART INDIEN MODERNE ET CONTEMPORAIN, vente le 30 mars à New York, Christie’s, tél. 01 40 76 85 85, www.chris ties.com - ART CONTEMPORAIN ASIATIQUE : CHINE, JAPON, CORÉE, vente le 31 mars à New York, Sotheby’s, tél. 01 53 05 53 05 www.sothebys.com

CHRISTIE’S - Expert : Yamini Mehta - Nombre de lots : 168 - Estimation totale : 7 à 9 millions de dollars SOTHEBY’S - Expert : Xiaoming Zhang - Nombre de lots : 247 - Estimation totale : 6 à 8 millions de dollars

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°233 du 17 mars 2006, avec le titre suivant : Inde vs Chine

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