Fiac off

Foires satellites, plus petites, plus denses

Par Jean-Christophe Castelain · Le Journal des Arts

Le 30 octobre 2012 - 705 mots

En se regroupant dans le Marais, hors Art Élysées, les foires « off » ont gagné en cohérence mais perdu du volume.

PARIS - Le off de la Fiac était nettement plus ramassé cette année. Cela se mesurait d’abord sur un plan géographique. À l’exception d’Art Élysées, et avec la mise en jachère de D-Fair (ex CHIC), un peu exilée à Austerlitz, la plupart des foires périphériques se tenaient dans un rayon d’environ un kilomètre autour du quartier du Marais. Une heureuse initiative qui n’est pas étrangère à une légère hausse de leur fréquentation, notamment lors de la nocturne des galeries. Mais le Marais ne disposant pas de grands espaces, chaque organisateur a dû s’installer dans des lieux exigus. Slick a ainsi troqué sa tente, à la grande satisfaction de son commissaire Laurent Boudier, contre un ancien garage situé entre les galeries Perrotin et Michel Rein. L’étroitesse des stands et des allées rappelait l’ambiance de Show Off version Espace Pierre Cardin. À quelques exceptions près, le niveau des œuvres, la plupart du temps des petits ou moyens formats, et des galeries était honnête sans être exceptionnel. Le plus efficace visuellement (Un cercle de jeunes garçons emplumés de Simon Schubert à la galerie allemande Van der Grinten) côtoyait le plus classique : des panneaux en plexiglas ornés de motifs noirs sur fond blanc de Tania Mouraud chez Backslash.

Changement d’ambiance pour la toute nouvelle YIA art fair, installée dans un charmant ancien magasin de quincaillerie. Ici pas de stand, sauf pour les bénéficiaires d’un espace clos, mais un bel alignement d’œuvres de vingt-cinq artistes. Ce que les galeries exposantes perdent en identité, le visiteur le gagne en confort visuel. La convivialité est d’ailleurs l’obsession de Romain Tichit, l’organisateur de la manifestation qui n’a lésiné sur rien, au point que ses comptes sont dans le rouge. « Perdre de l’argent n’est pas trop grave , avoue-t-il, la satisfaction des galeries et des collectionneurs est un investissement pour l’avenir ». Ici aussi, peu de grands formats, mais des œuvres solides, en majorité conçues pour la foire, présentées par des marchands présents à la Fiac – il y en a beaucoup tels Jérôme de Noirmont qui exposait Benjamin Sabatier – ou nouvellement refusés à l’instar de la galerie Martine et Thibault de la Châtre avec un bel accrochage d’Olivier Nottellet en écho à sa présence à la biennale de São Paulo. La galerie Alberta Pane pas (encore) compatible avec la Fiac présentait les œuvres faussement géométriques d’Esther Stocker, étoile montante italienne.

Des prix adaptés
Les transactions ont été actives, dans une fourchette de 20 000 à 30 000 euros par exposant, un chiffre qui peut paraître modeste mais qui s’explique par le prix moyen des œuvres. Car à YIA comme dans tout le off, les marchands ont préféré assurer le coup et s’adapter à des bourses qu’ils anticipaient moins pleines que les années précédentes. Pleine, la Bourse du commerce qui accueillait Cutlog l’était assurément, grâce à un fort contingent de nouvelles galeries italiennes. Ce n’était pas pour autant l’ambiance survoltée du Nasdaq. Un peu moins de pseudo avant-garde que l’an dernier, quelques nus pour aguicher le chaland, de jolies photos, Cutlog s’est bonifiée mais dispose encore d’une belle marge de progression devant elle. Ce qui n’est pas le cas de Show off qui, à force de se réinventer est sortie des écrans radar ; l’édition 2012 n’ayant pas grand-chose à voir avec une foire commerciale. À quelques centaines de mètres de Show off se tenait le microsalon organisé depuis l’an dernier par la galerie Zürcher, qui profite de son bel espace rue Chapon pour inviter de jeunes confrères américains. L’occasion de constater une fois encore que la scène new-yorkaise est de qualité inégale. Seul Art Élysées, faisait bande à part, toujours solidement arrimé au Grand Palais profitant ainsi du trafic autour de la Fiac. C’est d’abord une foire de second marché d’artistes français modernes ou des années 1960 à 1980, même si l’on trouve de l’inédit (chez Berthet-Aittouares ou même Jean-Pierre Arnoux). Si la sélection de galeries progresse régulièrement depuis cinq ans, il y a encore du remplissage qui brouille l’identité de cette foire qui cible un public différent de la Fiac.  C’est d’ailleurs tout l’intérêt des salons périphériques.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°378 du 2 novembre 2012, avec le titre suivant : Foires satellites, plus petites, plus denses

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