Foire

FOIRES SATELLITES

... Et aussi un « off » très copieux

Par Alexia Lanta Maestrati · Le Journal des Arts

Le 13 mars 2019 - 665 mots

NEW YORK / ETATS-UNIS

À l’instar d’Art Basel ou de la Fiac, la foire new-yorkaise suscite également plusieurs événements satellites, de qualité inégale.

New York. Si New York peut se permettre d’accueillir deux grandes foires d’art contemporain d’importance, l’une sous la neige, l’Armory Show, l’autre sous la canicule, Frieze, elle peut aussi susciter un « off » tout aussi enthousiasmant. Autour de l’Armory Show gravitent six foires indépendantes, de qualité variable. Mais contrairement à la Fiac, par exemple, pendant laquelle se déroulent des manifestations très caractérisées (Outsider Art Fair qui propose des œuvres d’art brut, ou Asia Now tournée vers l’art contemporain asiatique), le « off » de l’Armory est plus indistinct.

Cependant, parmi les six manifestations, toutes situées à Manhattan, deux se démarquent. « Independent Art Fair », installée à Tribeca, est sûrement la plus prisée. La foire d’art contemporain au format intimiste, qui a une bouture bruxelloise depuis 2016, célébrait son dixième anniversaire avec une sélection de 63 enseignes. Ce sont des noms connus de la scène internationale (Richard Saltoun [Londres], Clearing [New York, Bruxelles]), qui, pour la plupart, participent aux grands événements de l’art contemporain et préfèrent participer à Independent – car « il y a une sélection assez innovante, il s’agit d’un sous-ensemble de galeries dans lequel nous nous reconnaissons », explique Florence Bonnefous, directrice de la galerie Air de Paris (Paris). Le visiteur pouvait repartir avec son portrait peint par Joel Mesler (White Columns, New York) pour 250 dollars [voir ill.], (re)découvrir les peintures animalières de Gilles Aillaud sur le stand que partageaient Loevenbruck (Paris) et Ortuzar Projects (New York), ou explorer les travaux féministes et colorées d’Alice Mackler (Kerry Schuss, New York).

« Spring/Break », la foire très arty des commissaires

La foire plus « branchée » est sans aucun doute « Spring/Break ». Cette année, la foire des commissaires se tenait dans le bâtiment des Nations unies situé en face de la Trump Tower, dans un format réduit où 85 stands étaient présents, contre 160 l’an dernier. La communauté très arty de New York s’y bousculait, et il fallait à certains moments patienter une bonne demi-heure pour franchir les portes du Siège des Nations unies. Les collectionneurs pouvaient faire l’acquisition des peintures colorées de Pajtim Osmanaj, essayer d’attraper le plus de billets possible en 30 secondes dans une structure en forme de contenant pharmaceutique sur le stand du curateur John Zionos, ou déterminer s’il est « l’un des nôtres » ou « l’un d’entre eux » dans une performance interactive de l’artiste Jonathan Paul en référence au film de science-fiction de Terry Gilliam.

Les autres manifestations « off » étaient de qualité inégale, avec des propositions pour certaines discutables. Au centre de Manhattan, « Scope », la doyenne des « off », également présente à Miami et à Bâle pendant Art Basel, tenait sa 19e édition dans un pavillon appartenant au Metropolitan Museum. La foire rassemblait 60 galeries avec un fort tropisme « art urbain ». À vingt-cinq minutes à pied, dans un format très différent, « Clio » organisait sa 5e édition. Des artistes de toutes générations et nationalités confondues y exposent sans galerie leurs travaux. Les collectionneurs les plus courageux pouvaient aller au sud de l’île dans le pier 36 où se déroulait la 5e édition d’« Art on Paper ». Une centaine d’enseignes y étaient réunies dans une mise en scène dépourvue d’originalité et dont la ligne directrice, comme son nom l’indique, et pas toujours respectée d’ailleurs, était les œuvres sur papier.

« Volta », qui devait se tenir dans le pier 94à côté de l’Armory Show, a été annulée à la dernière minute. Renommé « Plan B » (on comprend pourquoi), 35 des 70 galeries prévues étaient accueillies à Chelsea dans les locaux de David Zwirner et dans un espace prêté gracieusement par un collectionneur.

Enfin NADA (New Art Dealers Alliance) a abandonné le format foire pour proposer un circuit dans New York constitué de plus de cinqaunte galeries, de Bodega dans le Lower East Side à False Flag dans le Queens en passant par Koenig & Clinton à Brooklyn. Cette sélection de galeries à l’offre pointue livrait un parcours agréable pour les moins pressés, permettant de sortir de l’agitation des foires.

Thématiques

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°519 du 15 mars 2019, avec le titre suivant : ... Et aussi un « off » très copieux

Tous les articles dans Marché

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque