Damien Leclere, commissaire-priseur et dirigeant de société de ventes, Marseille

« Faire découvrir de nouvelles disciplines ».

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 28 avril 2009 - 655 mots

Depuis quand êtes-vous installé à Marseille ?
J’ai été salarié puis associé d’une société de ventes marseillaise pendant sept ans avant de lancer ma propre maison, à Marseille, en 2006. J’ai voulu me démarquer du métier classique de commissaire-priseur en créant une structure moderne vouée à la vente volontaire d’objets d’art. Ma société est installée dans une ancienne usine de moteurs. Dans ce lieu atypique de 800 mètres carrés, doté de grandes verrières, situé en plein cœur de Marseille, j’expose et je dirige de vingt à trente ventes cataloguées par an, avec l’appui d’une équipe jeune et motivée de dix collaborateurs. J’y organise aussi régulièrement des événements culturels. Conférences, performances artistiques, spectacles de danse contemporaine, de musique, etc.

Comment vous situez-vous sur l’échiquier français des maisons de ventes ?
Notre chiffre d’affaires pour 2007, première année d’exploitation, dépasse les 7 millions d’euros. En 2008, nous avons totalisé 7,2 millions d’euros de produit de ventes. Cela nous place parmi les premières sociétés de ventes françaises en régions.

Comment avez-vous réussi à créer cette dynamique ?
En parallèle aux spécialités traditionnelles – tableaux anciens, orientalisme, mobilier, Art déco, arts premiers, etc. –, j’essaie de faire découvrir aux Marseillais et aux collectionneurs du Grand Sud de nouvelles disciplines, autres que les œuvres de l’école provençale… Le design avec Emmanuel Legrand, l’art contemporain avec Christine Le Chanjour, la photographie avec Paul Benaroche. Avec l’assistance d’Yvan Terny, je programme des ventes d’art russe, qui non seulement attire les collectionneurs russes de la côte d’Azur, mais se vend aussi très facilement dans le monde entier grâce à Internet. Pour chaque vacation, j’attache une grande importance à l’édition de catalogues de vente de qualité, bien illustrés, ce qui n’est pas si courant en province. Par une présentation et une communication adaptées – édition de beaux catalogues, diffusion des informations sur Internet et dans la presse, exposition des lots –, on parvient à se faire confier en régions des œuvres d’art importantes. Depuis deux ans, des collectionneurs français et européens nous font confiance pour vendre des objets à plus de 100 000 euros.

Vous proposez une vente d’art graffiti le 14 mai. Est-ce une première ?
Nous avons organisé une première vente graffiti le 29 novembre, à Marseille, avec des artistes locaux auxquels nous avions fourni des supports (des toiles de 2 x 2 m) pour réaliser leurs œuvres. Les tableaux ont fait entre 800 et 5 000 euros pièce. Cette vente a démontré un véritable intérêt pour l’art urbain de la part des Marseillais. Celle du 14 mai sera internationale. Elle présentera un tour du monde des métropoles, avec des artistes graffeurs de Paris, Madrid, Bruxelles, Barcelone, Athènes, New York, etc.

D’où proviennent les morceaux de mur de Berlin que vous livrez aux enchères ?
Je vends sept pans de mur de Berlin (de 1,2 x 3,6 m), taggés sur leur versant ouest (est. 25 000 euros l’unité). Trois paires seront proposées avec faculté de réunion. Ces sept fragments viennent d’une vente caritative qui a eu lieu en 1989 à Monaco. Une cinquantaine de morceaux du Mur avaient alors été dispersés. Ils seront offerts avec leur certificat d’authenticité, délivré à l’époque par les autorités d’Allemagne de l’Est. Ces pièces sont des œuvres très fortes, à la fois impressionnantes et émouvantes.

Quels seront les autres lots phares de la vente ?
De la Old School – représentée par plus de quatre-vingts noms – aux jeunes graffeurs actuels, la vente mettra en lumière le travail d’artistes confirmés tels que Crash, Seen et JonOne (est. de 4 000 à 10 000 euros) ainsi qu’un pochoir de Banksy (est. à 15 000 euros) et un touchant Autoportrait au Polaroïd de Jean-Michel Basquiat (est. 6 000 euros).

ART URBAIN - GRAFFITI, vente le 14 mai au parc Chanot, SVV Leclere, rond-point du Prado, 13008 Marseille ; expositions publiques : les 13 et 14 mai, 10h-19h, tél. 04 91 50 00 00, www.leclere.auction.fr

Estimation : 550 000 euros Nombre de lots : 215

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°302 du 2 mai 2009, avec le titre suivant : Damien Leclere, commissaire-priseur et dirigeant de société de ventes, Marseille

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