Mardi 18 septembre 2018

Entretien

Christopher Eykyn et Nicholas Maclean, courtiers en art à New York

« Globalement, le marché est sain »

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 1 décembre 2006 - 611 mots

 Comment a démarré votre activité de courtage ?
Avant de travailler à New York comme marchands privés et conseillers auprès de collectionneurs, nous dirigions le département d’art impressionniste et moderne de Christie’s New York. Étant en charge des deux plus importantes ventes annuelles (du soir), nous avions des contacts étroits avec un certain nombre de très grands collectionneurs dans cette spécialité. Bien que passionnés par nos carrières chez Christie’s, nous avons quitté la maison de vente à la fin de l’année 2005, car après 37 années passées (à nous deux) dans le monde des enchères, nous avons eu le sentiment que le temps était venu de construire quelque chose par nous-mêmes.

Quelle est votre spécialité ?
Nous en avons plusieurs : des tableaux du XIXe jusqu’aux œuvres d’art du XXe siècle. Nous négocions ces œuvres en dépôt et, de temps en temps, en pleine propriété, car notre inventaire grossit petit à petit. Nous conseillons nos clients pour leur collection, aussi bien à l’achat qu’à la vente, que ce soit dans le cadre d’une transaction privée ou en salle de ventes publiques. Nous réalisons notamment de nombreuses transactions d’œuvres d’art d’après-guerre. Malgré les prix astronomiques des récentes ventes dans ce domaine, il existe toujours des opportunités d’achats.

Quel est le profil de votre clientèle ?
Il s’agit de clients particuliers qui ont un bon œil, mais qui n’ont pas le temps d’effectuer des recherches eux-mêmes. Nos clients ont des centres d’intérêts qui vont de Guardi à Andy Warhol. Nous nous adaptons à leurs besoins en veillant à ce que les tableaux qu’ils souhaitent acquérir répondent aux critères essentiels de qualité et de conservation.

Comptez-vous parmi vos clients des nouveaux acheteurs venus d’Asie, de Russie ou d’Inde ?
Nous travaillons avec quelques nouveaux collectionneurs en Asie.

Que vous inspirent les derniers prix records atteints pour les tableaux impressionnistes, modernes et d’après-guerre, en ventes publiques au mois de novembre à New York ? Le marché est-il en train de s’emballer ?
Les résultats témoignent d’un marché extrêmement fort, montrant parfois des signes de hausse très importante, mais qui sont justifiés dans la plupart des cas. Globalement, le marché est sain. Il s’équilibre grâce à la grande variété des acheteurs, représentant beaucoup de nationalités différentes, contrairement à ce qui s’est passé à la fin des années 1980, période où le marché de l’art impressionniste et moderne était totalement dominé par les achats nippons. À chaque saison de ventes, nous assistons à un écart croissant entre les prix payés pour les pièces importantes ou historiques, à la fois d’une grande rareté et dans un état de conservation irréprochable, et les prix des œuvres qui ne répondent pas à ces critères. Pour résumer, nous dirions qu’il y a une envolée des prix en rapport avec la qualité des œuvres. Nous voyons cela comme un gage de santé du marché, tant à brève échéance que sur le long terme.

Qu’avez-vous acheté lors des dernières ventes de New York ?
Nous avons conseillé nos clients sur nombre de lots majeurs. Mais nous ne pouvons fournir plus de détails, sinon vous confirmer que nous avons acquis, pour le compte d’un de nos collectionneurs, le tableau Untitled XXV de 1977 par de Kooning pour 27 120 000 dollars (21 millions d’euros) le 15 novembre chez Christie’s. Il s’agit non seulement d’un record pour l’artiste, mais également pour une œuvre d’art d’après-guerre.

Que vous inspire l’escalade des prix constatée lors de récentes transactions privées ?
Aujourd’hui, pour de nombreux collectionneurs, il est plus difficile de trouver des œuvres exceptionnelles que de gagner assez d’argent pour les acheter. Aussi, lorsque se présente l’opportunité d’acquérir de telles œuvres, ils n’hésitent pas à déployer des moyens financiers pour les saisir.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°248 du 1 décembre 2006, avec le titre suivant : Christopher Eykyn et Nicholas Maclean, courtiers en art à New York

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