Bâle mène la danse

La foire internationale évolue en douceur

Par Philippe Régnier · Le Journal des Arts

Le 1 juin 1996

La 27ème Foire de Bâle, l’un des rendez-vous incontournables du marché de l’art contemporain, rassemblera 257 galeries du 12 au 17 juin. La section consacrée aux jeunes galeries laisse place cette année à \"Statement\", qui privilégie les expositions personnelles de jeunes artistes. \"Liste 96\", une nouvelle foire regroupant de jeunes galeries se tiendra simultanément sur le site de la brasserie Warteck.

BÂLE - La Foire d’art contemporain de Bâle, dont les participants viennent traditionnellement en majorité d’Allemagne (53) et de Suisse (49), accueille cette année près de quarante galeries françaises, contre trente et une en 1995.

La présence française dépasse celle des États-Unis (29), de l’Italie (20), de la Grande-Bretagne (14) et de l’Espagne (14). Cette forte poussée française s’explique par la subvention pu­blique accordée (lire l’encadré), mais aussi, pour certaines galeries, par la volonté de rencontrer les conservateurs de musées et les collectionneurs étrangers qui ne viennent plus à la FIAC depuis quelques années. Face à ce constat, une participation à la Foire de Bâle, label international de qualité mais aussi rendez-vous international des plus grands collectionneurs, constitue un choix judicieux.

Pour sa première participation, la galerie italienne Monica de Cardenas considère que "Bâle est la meilleure foire du monde, avec un haut degré de qualité et une présence importante des directeurs de musées, des collectionneurs et des critiques d’art". Pour la galerie Laage-Salomon, qui revient à Bâle après quatre ans d’absence, "il est essentiel d’être présent sur une foire internationale, et celle de Bâle est d’un excellent niveau".

D’autres galeries françaises (Météo, Rabouan-Moussion, Oba­dia, Val­lois) viennent rejoindre Capitain (Cologne) ou Krinzinger (Vienne) dans "Statement", qui remplace cette année la section "Jeunes galeries" et vise plus particulièrement à la promotion des artistes travaillant depuis moins de dix ans. Chacune des vingt-trois galeries sélectionnées y présente une exposition personnelle dans un stand normalisé de 40 m2, au prix réduit de 9 000 francs suisses (36 000 francs français) contre 17 000 pour les 60 m2 habituels.

À la différence de l’an dernier, des galeries importantes – comme Nächst St. Stephan, de Vienne, Bischofberger, de Zurich, Wad­dington, de Londres, ou Pailhas, de Marseille et Paris – proposent des projets dans cette section et ont ainsi deux stands sur la foire.

Parallèlement, la Foire de Bâle propose cette année encore des sections réservées à la photographie, aux éditions et à l’art vidéo. Enfin, croissance de l’Internet oblige, Bâle y a désormais son adresse (http://www.art.ch), où une base de données sur les galeries et les artistes est consultable.

Les galeries françaises subventionnées

Comme l’an dernier, les ministères de la Culture (Délégation aux arts plastiques, département des Affaires internationales) et des Affaires étrangères (Association française d’action artistique) accordent en 1996 des aides aux galeries qui exposent dans des foires d’art contemporain étrangères. Sont concernées la foire de Chicago, qui vient de se tenir, et celle de Bâle. La subvention représente au maximum 50 % de la location d’un stand de 60 m2. Elle est accordée aux galeries sous réserve qu’elles consacrent la moitié de leur stand à la présentation d’artistes français. Ainsi l’État a-t-il aidé pour la foire de Chicago 9 galeries, pour un montant de 186 266 francs, et 31 des 40 galeries de la foire de Bâle, soit 905 700 francs. Les galeries participant aux deux foires n’ont reçu qu’une seule subvention, suivant leur propre choix.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°26 du 1 juin 1996, avec le titre suivant : Bâle mène la danse

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