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Marché de l'art

Avec "Révélations" les métiers d’art font leur révolution

Par Éléonore Thery · L'ŒIL

Le 23 août 2013 - 763 mots

Le tout nouveau salon compte mettre en lumière les métiers d’art afin de montrer leur dimension artistique et d’obtenir enfin un statut.

L’installation de la première édition de Révélations sous la nef du Grand Palais, quelques semaines avant la Fiac, donne le ton : il s’agit d’ancrer les métiers d’art du côté de la création contemporaine et de faire les choses en grand. Quelque 35 000 visiteurs sont attendus, pour une audience mêlant professionnels et grand public. Serge Nicole, directeur du Salon et du syndicat de la profession, Ateliers d’art de France, explique : « Notre objectif est de montrer la dimension de création contemporaine dans les métiers d’art. Nous souhaitons un événement phare pour donner de la visibilité à la profession et revendiquer un statut identifié. »

Une difficile reconnaissance
S’il est question de montrer la dimension artistique et innovante du travail des artisans d’art, dont on perçoit plutôt la valeur patrimoniale, c’est avant tout afin de revendiquer un statut pour la profession. Aujourd’hui, les régimes les plus divers coexistent : de la chambre des métiers à la Maison des artistes, en passant par l’auto-entreprenariat, chacun disposant notamment d’une TVA différente. Aussi, Ateliers d’art de France milite en faveur de l’accession généralisée au statut d’artiste-auteur. La requête n’est pas nouvelle : elle avait été présentée par les professionnels du secteur dans les années 1960, puis en 1981 auprès de Jack Lang, en vain.
En 2003, le sujet était de nouveau mis en avant, cette fois par Renaud Dutreil, ministre du Commerce et de l’Industrie : pourtant, seule une nomenclature des métiers en avait émergé. Mais, depuis, certains facteurs ont évolué. Tout d’abord, ce secteur, invisible et dispersé au cours des trente dernières années, est désormais beaucoup mieux fédéré. « Nous représentons aujourd’hui 6 000 ateliers et 125 associations ou réseaux de délégués régionaux », indique Serge Nicole.
Parallèlement, ont été créés une Union nationale des métiers d’art, chargée de faire remonter les problématiques auprès des pouvoirs publics, et un observatoire destiné à établir des statistiques. Le directeur du Salon note encore : « Aujourd’hui, nous sommes plus écoutés, nous avons une grande importance en termes d’image, nous représentons l’art de vivre à la française. » Aussi, Révélations apparaît comme le point d’orgue d’un lobbying de longue haleine.

Objectif : moderniser une image
En quoi réside sa nouveauté, alors que se tiennent déjà, sous la houlette d’Ateliers d’art de France, Maison et Objet, ancien Salon des ateliers d’art, et le Salon du patrimoine ? « Maison et Objet, notre Salon historique, est aujourd’hui dédié à l’art de vivre, à la décoration et au design, tandis que le Salon du patrimoine montre l’économie de l’entretien et de la conservation du patrimoine. Avec Révélations, il est question de la création contemporaine dans les métiers d’art », commente Serge Nicole. C’est Adrien Gardère, également à l’initiative de la muséographie du Louvre-Lens, qui a été désigné pour prendre en charge la scénographie, articulée autour d’une grande avenue centrale. En son centre, une table monumentale offre une exposition d’objets historiques. « Ces objets racontent une histoire, ils ont un rôle de symptôme de la société, de lien entre les gens. Des pièces emblématiques de manufactures comme Daum ou Baccarat ou de grands créateurs seront montrées », décrit Serge Nicole.
Parmi les exposants, figurent des manufactures : Daum, Haviland ou la Manufacture nationale de Sèvres. Des artisans d’art seront également présents à leurs côtés, dont beaucoup présentent des œuvres réalisées pour l’occasion : ainsi de Serge Amoruso, maroquinier, Sandra Clodion, tapissière et créatrice de meubles, ou Julian Schwarz, sculpteur sur bois. « Notre critère de sélection a été celui de la création contemporaine, la dimension de modernité et d’innovation a été fondamentale dans notre choix », précise Serge Nicole. La Norvège, invitée d’honneur de cette édition, a par ailleurs sélectionné treize artistes qui montrent pièces de verre, textile, céramique et bijoux. Viennent compléter ce paysage des galeries, telles que la New-Yorkaise Barry Friedman, ou des associations, comme Les Grands Ateliers de France. L’Institut français propose quant à lui plusieurs expositions dont « Tableaux-Tables » autour des collaborations entre maisons d’art de la table et designers. Si le Salon est un succès, il devrait suivre un rythme biennal, et continuer à faire avancer la cause des artisans d’art…

Infos pratiques

« Révélations, Salon des métiers d’art et de la création », Grand Palais, avenue Winston-Churchill, Paris-8e, du 11 au 15 septembre 2013. Mercredi 11 : 15 h-18 h. Jeudi 12, vendredi 13 et samedi 14 : 10 h-20 h. Dimanche 15 : 10 h-19 h Plein tarif : 10 €.

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Cet article a été publié dans L'ŒIL n°660 du 1 septembre 2013, avec le titre suivant : Avec "Révélations" les métiers d’art font leur révolution

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