Mercredi 22 septembre 2021

Collection

Artcurial crie au loup

L’éclectique collection Wolf est l’événement de la saison pour la maison parisienne

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 27 novembre 2012 - 405 mots

PARIS - Le 4 décembre, Artcurial dispersera la collection Liuba et Ernesto Wolf, collectionneurs érudits aux goûts très éclectiques, ayant eu une grande exigence de qualité dans tous les domaines abordés.

Ernesto Wolf (1918-2003) avait réuni une collection de verres byzantins et médiévaux dont il fit don au Landesmuseum Württemberg de Stuttgart. Les livres illustrés ont été une grande passion des Wolf qui avaient acquis un livre d’heures décoré de miniatures attribuées au Maître de Talbot et Robert Boyvin vers 1440 (est. 50 000 euros) ; une très rare édition des fables d’Ésope illustrée de 335 bois gravés (Bâle, 1501), publiée par Sebastian Brant (est. 80 000 euros) et un rarissime incunable allemand Ars Moriendi (Cologne, 1475) illustré de bois gravés très expressifs à pleine page (est. 200 000 euros).

La partie moderne comprend un exemplaire sur Japon Impérial des Métamorphoses d’Ovide illustré d’eaux-fortes de Pablo Picasso (Albert Skira, 1931), enrichi d’un dessin à l’encre signé Picasso et dédicacé aux Wolf (est. 80 000 euros) ; un exemplaire de Daphnis et Chloé de Longus illustré de lithographies couleur de Marc Chagall (Tériade, 1961), comprenant également un dessin de l’artiste dédicacé au couple de collectionneurs (est. 120 000 euros) et le célèbre Jazz de Henri Matisse (Tériade, 1947) avec ses vingt pochoirs couleurs (est. 150 000 euros). Inédits en vente publique, le tableau Clown de profil (1938-1939) de Georges Rouault (est. 300 000 euros) ; Tête (1957), petite huile sur toile de Max Ernst (est. 80 000 euros) et une Composition (1966) de Serge Poliakoff (150 000 euros) font partie des temps forts de la vente.

Les amateurs d’objets d’art ancien apprécieront une petite idole en marbre d’Anatolie du IIIe millénaire avant J.-C. (est. 30 000 euros) ; un important rhyton en terre cuite en forme de zébu appelé « Picasso bull », icône artistique d’Amlash (Iran, vers 1000 avant J.C.) (est. 25 000 euros) ; une grande coupe abbasside en céramique lustrée (Irak, Xe siècle) à décor d’oiseau (est. 30 000 euros) ou encore un aquamanile en bronze du XIIIe siècle (est. 70 000 euros). La collection Wolf d’art africain fait l’objet d’une vente à part le 12 décembre (lire page 27).

COLLECTION LIUBA ET ERNESTO WOLF

Le 4 décembre à l’hôtel Dassault, 7, Rond-Point des Champs-Élysées, 75008 Paris, exposition publique : le 30 novembre 11h-19h, le 1er décembre 11h-18h, le 2 décembre 14h-18h et le 3 décembre 11h-19h, tél. 01 42 99 20 20, www.artcurial.com

WOLF

Experts : Anne-Marie Kevorkian (art de la Grèce, de l’Orient et de l’Islam) ; Robert Montagut (Moyen Âge) ; Bernard Clavreuil (Livres et Manuscrits anciens) ; Isabelle Milsztein (estampes et Livres illustrés modernes) ; Bruno Jaubert (art impressionniste et moderne) ; Martin Guesnet (art d’après-guerre et contemporain)

Estimation : 2 à 3 millions d’€

Nombre de lots : 73

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°380 du 30 novembre 2012, avec le titre suivant : Artcurial crie au loup

Tous les articles dans Marché

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque