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Hongkong

Art HK tombe dans l’escarcelle d’Art Basel

La foire d’art moderne et contemporain de Hongkong, qui se consolide d’année en année, était convoitée depuis longtemps par les organisateurs de la Foire de Bâle

Par Roxana Azimi · Le Journal des Arts

Le 11 mai 2011 - 831 mots

Messe Schweitz, le propriétaire d’Art Basel, poursuit son expansion internationale. Après avoir pris pied à Miami en 2002, il vient de racheter Art HK. La foire d’art moderne et contemporain de Hongkong, qui ouvre ses portes le 26 mai, devrait avancer ses dates en février dès l’édition 2012.

HONGKONG - La direction de la foire d’art moderne et contemporain chinoise Art HK, organisée du 26 au 29 mai à Hongkong, peut se frotter les mains. D’après le rapport « Arts Economics » commandé par la Tefaf (la foire de Maastricht), le marché du luxe en Asie et région Pacifique a augmenté de 22 % en 2010. Hongkong est l’une des aires géographiques dont le nombre de grandes fortunes a progressé le plus vite, grimpant de 100 % en 2008, alors que les pays occidentaux font du surplace. Le marché de l’art asiatique monte en flèche, comme le montre le total de 38,8 millions d’euros réalisé lors de la vente Guy et Myriam Ullens chez Sotheby’s en avril (lire le JdA no 346, 29 avril 2011, p. 26). « L’attribution de la presqu’île de musées WKCD (West Kowloon Cultural District) à [l’architecte] Norman Foster, et la progression de cet ambitieux programme de dix-sept musées et bâtiments culturels devraient contribuer à renforcer Hongkong, insiste Jean-Marc Decrop, spécialiste de la région. Son statut de port franc et de place financière, son État de droit à réglementation britannique et sa logistique impeccable, le désignent comme le Bâle de demain. » Précisément, Messe Schweiz, propriétaire de la foire Art Basel,  devient à partir du 1er juillet actionnaire majoritaire d’Asian Art Fairs Ltd, organisateur de la foire Art HK. L’édition 2012 s’appellera toujours « Art HK» et sera conduite par le directeur actuel Magnus Renfrew. Elle n’aura toutefois plus lieu en mai, mais du 2 au 5 février, pour éviter sans doute la concurrence frontale avec Art Basel, programmée en juin.

Le choix d’Art Basel n’est pas anodin. Art HK est montée de plusieurs crans cette année, ralliant de nouvelles pointures comme Thaddaeus Ropac (Salzbourg, Paris), David Zwirner (New York), ou Eigen Art (Berlin), mais aussi de toutes jeunes pousses comme les Parisiens Romain Torri et Sultana. « Il faut nager contre le courant, indique Harry Lybke, directeur d’Eigen Art. Il y a en Asie de nouvelles générations de collectionneurs qui n’ont pas le temps de voyager. Je veux prendre les gens au commencement de l’histoire. Lorsque vous les accompagnez à leurs débuts, ils restent de votre côté. » Le bouche-à-oreille des exposants de 2010 a fait son effet. « L’an dernier, je n’ai vendu qu’à des Asiatiques, et je suis restée en contact avec eux tout au long de l’année, souligne Pilar Corrias (Londres). Hongkong montre l’émergence d’une nouvelle réalité, la mise en place de nouveaux systèmes et de nouveaux centres qui ne sont pas connectés aux États-Unis. »
Si nombre de participants avaient misé l’an dernier sur leurs poulains asiatiques, ils élargissent aujourd’hui leur répertoire. Goodman (Le Cap) consacre son stand à William Kentridge, tandis qu’Yvon Lambert (Paris, New York) prévoit une exposition monographique de Jenny Holzer. Après avoir orchestré un one-man show de Yoshimoto Nara en 2010, Marianne Boesky (New York) se concentre cette année sur le jeune Américain Barnaby Furnace. « Les collectionneurs chinois, qui ne peuvent plus acheter de l’art contemporain chinois aux prix actuels, se disent que, pour une fraction de ces montants, il est intéressant d’acheter de l’art occidental, observe Magnus Renfrew. Il ne pourra y avoir de marché pour l’art international tant que les amateurs ne pourront en voir chez eux. Les « solos shows » leur permettent de comprendre une œuvre sans être intimidé. » Ce bain occidental n’est-il pas prématuré ? « Hongkong est ouvert, mais il s’agit pour nous d’être patient, d’apprendre et de se remettre en question. Les Biennales de la région ont déjà fait un travail en profondeur », estime Niklas Svennung, de la galerie Chantal Crousel (Paris). Celle-ci montrera Allora & Calzadilla, mais aussi l’artiste d’origine vietnamienne Danh Vo.  

Partage de réseaux
L’édition accueille aussi Jérôme de Noirmont (Paris), ancien exposant de la foire ShContemporary à Shanghaï. « Il est impensable de ne pas faire de foire en Asie. On va essayer de récolter les graines qu’on a semées depuis dix ans en Asie », indique Jérôme de Noirmont (Paris). Celui-ci montrera Pierre et Gilles, qui avaient fait l’ouverture du MoCA de Shanghaï, ou Shirin Neshat, présentée l’an dernier au Mongin Art Center de Séoul. Kamel Mennour (Paris), qui compte actuellement trois clients chinois, rejoint la foire avec un spectre large, allant de Sigalit Landau à Huang Yong Ping en passant par Alfredo Jaar. Il organisera pour l’occasion un dîner avec la galerie Tang Contemporary Art (Bangkok, Pékin, Hongkong) pour mêler leurs deux réseaux. Signe qu’Hongkong est un vrai carrefour de rencontres entre l’Asie et l’Occident. 

ART HK

Directeur : Magnus Renfrew

Nombre d’exposants : 261

Tarif du stand : 534 dollars le mètre carré

Nombre de visiteurs en 2010 : 46 000

ART HK

26-29 mai, The Hongkong Convention and Exhibition Centre, Harbour Road, Wan Chai, Hongkong, les 26, 27 et 28 mai 12h-19h, le 29 mai 12h-17h, www.hongkongartfair.com

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°347 du 13 mai 2011, avec le titre suivant : Art HK tombe dans l’escarcelle d’Art Basel

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