Foire

Acheter monumental à Bâle

Par Alexia Lanta Maestrati · L'ŒIL

Le 21 mai 2019 - 774 mots

BALE / SUISSE

Le secteur Unlimited de la foire d’art contemporain ouvre les festivités dès le mardi 11 juin avec, cette année, 75 projets grand format.

Collectionner -  Art Basel, qui tient sa 50e édition du 13 au 16 juin 2019 à Bâle, en Suisse, est un précurseur de la course à la monumentalité. Depuis 2000, le saint des saints propose un secteur consacré aux œuvres grand format : Unlimited. Cette section est unique en son genre. Si la Fiac à Paris et la Frieze à Londres proposent des œuvres monumentales d’extérieur avec des parcours hors les murs, les pièces les plus spectaculaires ne se limitent pas, à Art Basel, aux sculptures, et sont installées sous forme de successions d’expositions monographiques dans le hall 1 du Messe Basel.

Unlimited ouvre la veille des autres secteurs. « Tous les collectionneurs importants sont déjà présents. C’est devenu au fil des années le moment phare de la foire, celui où l’on perçoit d’emblée l’ambiance. Il est donc tout à fait important d’y être présent », souligne Jean Frémon, directeur de la galerie Lelong & Co., fidèle de la première heure de cette section. Et si tous les VIP font la queue pour visiter ce secteur à la dimension muséale, les principaux acheteurs sont les institutions. En 2018, plus de quatre cents représentants de musées, tels que le Guggenheim Museum et le Brooklyn Museum de New York, le Centre Pompidou de Paris ou encore la Tate et la Serpentine Galleries de Londres, ont foulé cette section.

Alors que le long des allées des foires d’art contemporain la peinture règne en maître, les médiums sont largement variés à Unlimited. Cette édition ne déroge pas à la règle, en réunissant dans un même lieu des créations interactives telles que Bataille de Rivane Neuenschwander, qui invite le visiteur à réfléchir sur ses peurs, ses combats, ses émotions en ajoutant des mots sur un long tableau, au côté de pièces plus contemplatives, comme l’installation, sobre, d’une dizaine de lits militaires de l’artiste de l’arte povera Jannis Kounellis. Des pièces qui semblent en effet plus adaptées à un musée qu’à un salon privé.

106 000 €

1_Andreas Angelidakis L’artiste grecque livre une sculpture dont les configurations sont sans limites (Post-Ruin, Pink, 2019). Dans un espace de plus de 10 m de longueur, les différents éléments s’assemblent, proposant des lieux d’échange où le visiteur est invité à s’asseoir. Le message de l’artiste est pluriel. D’un côté, il émet une réflexion sur l’architecture moderne qui, selon lui, ne sert que les plus riches. De l’autre, il souligne la montée en puissance des opinions individuelles à travers des réseaux sociaux et des nouvelles technologies.

 

The Breeder Gallery (Athènes)

2 millions € environ 

2_Georges Mathieu Si seul son format, de plus de 7 m de long et de 4 m de haut, justifiait sa présence à Unlimited en 2018, son aspect historique n’en est pas moins important. Georges Mathieu, longtemps peu considéré, est aujourd’hui très reconnu, il a réalisé son Hommage au connétable de Bourbon (1959) en quarante minutes sur une musique de Pierre Henry à Vienne, dans le Fleischmarkt Theater, connu comme le siège des Actionnistes. À l’image du secteur général de la foire, des artistes à la portée historique sont exposés à Unlimited, à l’instar de Valie Export (Galerie Thaddaeus Ropac), Lucio Fontana (Magazzino, Galleria Tega) ou encore Tom Wesselmann (Gagosian).

 

Galerie Applicat-Prazan

312 000 € 

3_XU ZHEN Quel meilleur endroit que la plus grande foire d’art contemporain du monde pour parler des paris d’argent et de la spéculation ? Joueur, le studio de l’artiste chinois Xu Zhen, propose à Art Basel une ambiance casino (Nirvana, 2019). Sur 150 m2, des tables de jeux, accompagnées de performeurs, sont installées. Les visiteurs sont invités à construire le jeu et à produire différents modèles, inspirés des mandalas tibétains en sable coloré, voués à disparaître après les rites. Cette édition offre de nombreuses œuvres participatives, comme les installations de Lawrence Lek et de Jacolby Satterwhite qui explorent les fonctionnalités de la réalité virtuelle dans l’art contemporain (312 000 € la série complète, 89 000 € à l’unité).

 

Galerie Perrotin

585 460 € 

4_Antony Gormley Connu pour ses silhouettes en bronze, l’artiste anglais délivre ici un travail autour de l’architecture. Breathing Room (2012) est à la fois l’objet et la représentation de l’objet. Culminant à plus de 6 m de hauteur, huit structures de dimensions différentes s’entremêlent formant un dessin géométrique dans l’espace. Plongé dans le noir, un hologramme apparaît durant dix minutes, et s’ensuivent 40 secondes d’intenses lumières. L’ensemble offre une expérience immersive, où le visiteur devient le sujet de l’œuvre en avançant le long des structures lumineuses.

 

Galerie Continua

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Cet article a été publié dans L'ŒIL n°724 du 1 juin 2019, avec le titre suivant : Acheter monumental à Bâle

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