Mercredi 23 octobre 2019

L’Unesco s’alarme pour Tombouctou, tombée aux mains des rebelles islamistes

Par LeJournaldesArts.fr · lejournaldesarts.fr

Le 10 avril 2012 - 339 mots

TOMBOUCTOU (MALI) [10.04.12] – Début avril, des rebelles Touaregs maliens se sont emparé du Nord du pays. Tombouctou, « la perle du désert », est désormais contrôlée par les islamistes. Ville historique riche en trésors, Tombouctou, classé au patrimoine mondial en 1888, inquiète l’Unesco. L’organisation « se tient prête à partager son expertise et son expérience pour aider le Mali à assurer la sauvegarde de Tombouctou ».

Au XVe siècle débutait l’âge d’or de Tombouctou. Grand centre intellectuel et spirituel, la ville rayonnait notamment grâce à son université de Sankoré qui a accueilli jusqu’à 25 000 étudiants originaires de toute l’Afrique. De ce riche passé, les collections privées et publiques regorgent encore aujourd’hui de centaines de milliers de manuscrits. Rédigés en arabe ou en peul (langue de la région sahélo-saharienne) par des savants de l’ancien Empire du Mali, ces écrits traitent de religion, d’histoire, d’astronomie, de musique, mais aussi de botanique, généalogie et anatomie. Certains de ces domaines pourraient être considérés comme « impies » aux yeux des islamistes qui pourraient les détruire ; d’autres manuscrits pourraient faire l’objet de trafics.

Mais Tombouctou, c’est aussi trois mosquées qui ont joué « un rôle essentiel dans la diffusion de l’Islam en Afrique. Elles sont porteuses de l’identité et de la dignité de tout un peuple », rappelle l’Unesco. La ville abrite également 16 mausolées ; l’organisation internationale s’inquiète du fait que la rébellion touareg pourrait nuire à la gestion et la conservation de ces lieux inestimables.

Ayant en tête les Bouddhas de Bamyan détruits par les Talibans en 2001, Irina Bokova, directrice générale de l’Unesco, a exprimé ses inquiétudes vis-à-vis de la confusion qui règne au Mali. « J’appelle les autorités maliennes et les factions belligérantes à respecter le patrimoine et les engagements du pays en tant que signataire de la convention de 1972 sur le patrimoine mondial ». Elle rappelle également que « selon la convention de 1954 […], les armées doivent éviter d’utiliser ou de causer des dommages aux biens du patrimoine culturel en temps de guerre ».

Légende photo

Pages d'un manuscrit d'astronomie de Tombouctou - source EurAstro

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