L’UNESCO dresse une liste de 70 œuvres dérobées au Musée des beaux-arts de Cuba

Par LeJournaldesArts.fr · lejournaldesarts.fr

Le 20 mars 2014 - 415 mots

LA HAVANE (CUBA) [20.03.14] – Fin février 2014, le Conseil national du patrimoine culturel de Cuba publiait un communiqué officiel constatant et dénonçant le vol d’un grand nombre d’œuvres d’art entreposées au Musée national des beaux-arts de La Havane. L’UNESCO a publié une liste de 70 œuvres faisant l’objet de recherches et d’enquêtes.

Le bureau à La Havane de l’UNESCO a dressé une liste de 70 œuvres dérobées au Musée national des beaux-arts afin de mettre en œuvre la collaboration internationale sur le fondement de la Convention de 1970 sur le trafic illicite des biens culturels. Le musée cubain dresse actuellement l’inventaire de ses biens volés dont le nombre est actuellement estimé à 95.

Le Conseil national du patrimoine culturel de Cuba précise que les œuvres ont été dérobées sans effraction, ce qui empêche la datation des faits. Ont été emportées des œuvres situées entre la période académique et l’avant-garde cubaine, ainsi qu’un grand nombre de peintures de Leopoldo Romañach (1862–1951).

Début mars, un marchand d’art de Miami avait pris contact avec le musée de La Havane afin de faire part aux autorités de ses doutes quant à l’origine de 11 tableaux qui lui avaient été proposés à la vente. Les œuvres, de Leopoldo Romanach notamment, avaient été désolidarisées de leur cadre puis vendues par les voleurs.

Malgré la ratification de la Convention de 1970 par Cuba en 1980, la restitution ne pourra toutefois se faire qu’à la suite d’un enregistrement du vol auprès des autorités internationales compétentes, comme Interpol ou Art Loss Register. Seule la publication d’une liste reconnue par les autorités internationales pourra entraîner la reconnaissance du vol. Pour le moment, la liste de l’UNESCO est insuffisante pour attester de la mauvaise foi des acheteurs et revendeurs et ainsi lancer une procédure de restitution.

D’après Reuters, Cuba aurait déjà omis dans le passé d’inscrire son patrimoine culturel volé sur des bases de données afin d’en tirer de l’argent, notamment dans les années 1990, après l’effondrement de l’Union Soviétique et la crise économique qui s’en est suivie pour l’île.

Parallèlement à cette affaire, l’UNESCO déplore également un vol commis au Guatemala début février dans l'église catholique du Calvaire, située dans la ville coloniale d'Antigua Guatemala, à 45 kilomètres à l'ouest de la capitale. 6 toiles du peintre Thomas Merlo, datant du XVIIIe siècle, et d'autres objets religieux, qui font partie du patrimoine culturel du pays, ont été dérobés, selon les informations fournies par l'Unité de la contrebande du ministère de la Culture du Guatemala.

Légende photo

Musée National des beaux-arts de Cuba - © Photo El Tonio - 2008 - Licence CC BY 2.0 

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque