Dimanche 26 janvier 2020

L’étoile rouge du Kremlin continuera de briller

Par Séverine Petit · lejournaldesarts.fr

Le 13 avril 2015 - 555 mots

MOSCOU (RUSSIE) [13.04.15] – Alors qu’une restauration de grande ampleur du Kremlin et de sa tour principale, la Tour du Sauveur, a débuté fin 2014, l’incertitude concernant le sort de son étoile rouge, symbole du communisme, a été levée. Elle ne sera pas remplacée par l’aigle bicéphale impérial qui l’occupait à l’origine.

C’est en 1935 que Staline fait installer l’étoile rouge du communisme sur les cinq plus hautes tours du Kremlin en lieu et place des aigles bicéphales impériaux. En verre rouge, pesant chacune 1,5 tonne, les étoiles et leurs cinq branches représentent les cinq continents rassemblés par l’unité des travailleurs. 80 ans plus tard, la restauration nécessaire de la Tour du Sauveur, la plus importante de l’enceinte, a failli remettre en cause ce symbole du communisme, en réinstallant l’aigle bicéphale en haut de la tour. Mais il n’en sera rien.

Cette restauration fait partie d’un plan plus large de réfection du Kremlin, cette enceinte construite par Ivan III au début du XVe siècle, alors que la principauté de Moscou venait à peine de se libérer du joug mongol. La durée rapide de construction, seulement dix ans, ont toujours fait craindre une usure dommageable de l’édifice ; mais les récentes recherches ont montré la solidité des fondations, réalisées en pierre de taille avec un soubassement de granit. Ce sont donc avant tout les tours et le revêtement du mur d’enceinte qui sont visés par la campagne de restauration, soutenue par l’administration présidentielle, dont le Kremlin abrite le siège.

Les moscovites ont découvert avec stupeur à la fin de l’année 2014 un échafaudage disgracieux recouvrant entièrement la Tour du Sauveur, la plus majestueuse des 19 tours d’enceinte du Kremlin. Symbole du pouvoir en Russie, cette tour constitue le paysage de chaque intervention télévisuelle annuelle du président russe à l’occasion du réveillon. C’est à son horloge que se fient les moscovites au moment de se souhaiter la nouvelle année. Chère aux yeux de la population, elle l’est aussi à ceux des hauts dignitaires étrangers qui sont aujourd’hui encore les seuls à avoir le privilège de la traverser afin d’entrer dans le Kremlin.

Trois éléments ont attiré l’attention des responsables de la restauration. L’étoile, d’abord, dont la première réparation a été effectuée en 1946, a été entièrement démontée après que l’idée de la remplacer par les aigles bicéphales ait été définitivement écartée. Chaque partie en verre et en métal a été nettoyée et les lampes à basse consommation qui lui permettent de briller dans la nuit moscovite, changées. Ensuite, les éléments architecturaux saillants de couleur blanche ont été repeints. Enfin, l’horloge, installée sur la tour en 1767, a été démontée. Ses aiguilles et son mécanisme ont été pris en charge par des spécialistes de l’horlogerie, d’autant plus que le carillon de cette horloge présente la caractéristique de jouer l’hymne national russe.

L’échafaudage entourant ce joyau de l’architecture russe est sur le point d’être retiré. Il faudra néanmoins quelques semaines pour le faire totalement disparaître, lui qui dépasse les 70 mètres de la tour. Le résultat de cette restauration très attendue devrait être dévoilé à l’occasion des cérémonies consacrées aux soixante-dix ans de la victoire de la Seconde Guerre Mondiale. Il sera d’ailleurs désormais possible à qui le souhaite d’entrer par la Tour du Sauveur, ouvrant ainsi un accès direct au public depuis la Place rouge. Une petite révolution.

Légende photo

Le Kremlin et la Moscova avec la tour Vodozvodnaïa © Photo Quistnix - 2004 - Licence CC BY-SA 3.0 

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque