Les Etats-Unis et l’Iran s’affrontent sur le terrain patrimonial

Par LeJournaldesArts.fr · lejournaldesarts.fr

Le 15 mai 2009

TEHERAN (IRAN) [15.05.09] – La coopération culturelle entre les Etats-Unis et l’Iran devient glaciale : l’Iran ne prête plus d’œuvres aux musées américains, et des Américains tentent de se dédommager en œuvres d’art iraniennes.

Le musée d'art contemporainde Téhéran

Le ministère de la culture d’Iran a refusé de prêter un tableau de Gauguin, conservé au musée d’art contemporain de Téhéran, à la US National Gallery of Art, parce que les œuvres d’art ne seraient pas en lieu sûr aux Etats-Unis, rapporte le Guardian. D’après le directeur du département des arts visuels Mahmoud Shaluii, les Etats-Unis ne rendraient pas l’œuvre, ce en quoi il n’a peut-être pas tout à fait tort : depuis peu, une juridiction menace d’interrompre toute coopération culturelle entre les deux pays.

Les ennuis ont commencé en 2003 : des américains touchés par une attaque terroriste du Hamas à Jérusalem en 1997 ont poursuivi l’Iran en justice pour avoir aidé à fabriquer la bombe ; comme l’Iran a boycotté le procès, ils ont réclamé en dédommagement 20 000 tablettes d’argile achéménides provenant de Persépolis, conservées à l’Université de Chicago, pour les vendre aux enchères. Une cour de justice américaine a décrété que l’Iran ne pouvait pas prétendre à l’immunité en tant qu’état souverain. En réponse, l’Iran a mis aux enchères l’ambassade américaine de Téhéran au printemps 2007, pour se dédommager du kidnapping de l’homme d’affaires iranien Hossein Alikhani par les services secrets américains en 1992.

La décision américaine a entraîné un flot de réclamations envers les collections universitaires aux Etats-Unis. Pour enrayer le fléau, le musée de Boston et Harvard avancent l’argument selon lequel ces trésors archéologiques perses n’appartiennent pas à l’Iran, mais ce type de dédommagement continue d’être réclamé dans le pays et menace de donner lieu à la dispersion de ces collections. D’autres pays pourraient être tentés de recourir à ce genre de procédure, ce qui ne risque pas de faciliter la circulation des œuvres d’art dans le monde.

Légende photo : Le musée d'art contemporain de Téhéran © Free Software. Photo : Zereshk

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