Société

Paris-3e et Pierrefitte-sur-Seine (93)

Vies mobiles en question

Archives nationales - Jusqu’au 29 avril 2019

Par Stéphanie Lemoine · L'ŒIL

Le 21 février 2019 - 288 mots

PARIS

Depuis 2011, le Forum Vies mobiles sonde les mobilités contemporaines et futures en associant artistes et chercheurs en sciences sociales.

L’exposition « Mobile/Immobile » aux Archives nationales offre une synthèse de cette double approche : de l’aveu de Christophe Gay, directeur du think tank, elle examine toutes les composantes d’une « condition partagée par le routier, le migrant et l’homme d’affaires ». Soutenue par une série d’entretiens filmés de chercheurs, dont Vincent Kaufmann qui en assure le commissariat scientifique, mais aussi d’extraits de films de fiction et d’œuvres d’Ai Weiwei ou d’Alain Bublex, « Mobile/Immobile » aborde tour à tour la manière dont la mobilité façonne l’organisation spatiale et sociale de nos sociétés, mais aussi les modes de vie contemporains, entre trajets désirés et contraints, entre hypermobilité des uns et immobilité des autres. Pour qui s’intéresse au sujet, crucial aujourd’hui, l’exposition offre un éclairage robuste et essentiel. La volonté d’une convergence arts-sciences sociales et d’une approche critique et prospective des mobilités y détermine en grande partie l’accrochage. Dès la cour de l’hôtel de Soubise, celui-ci fait la part belle aux photographies – de Vincent Jarousseau sur les mobilités contrastées des classes populaires à Denain (significativement, sa série s’achève sur divers portraits de Michaël, chauffeur routier, en gilet jaune), de Ferjeux van der Stigghel sur les néo-nomades, de Géraldine Lay sur les dispositifs de contrôle dans les gares et aéroports, de Marion Poussier et Patrizia Di Fiore dans l’espace périurbain, ou encore de Tim Franco et Sylvie Bonnot en Chine et au Japon. Seule la partie prospective de l’exposition s’affranchit vraiment de cette approche documentaire, via les photomontages de Caroline Delmotte et Gildas Etevenard, la salle de décélération de Marie Velardi et les raquettes d’Elinor Whidden. Histoire de mieux plaider pour un changement de trajectoire…

« Mobile/Immobile. Artistes et chercheurs explorent nos modes de vie »,
60, rue des Francs-Bourgeois, Paris-3e, et 59, rue Guynemer, Pierrefitte-sur-Seine (93), www.archives-nationales.culture.gouv.fr

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Cet article a été publié dans L'ŒIL n°721 du 1 mars 2019, avec le titre suivant : Vies mobiles en question

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